Tanguy. Histoire d’un enfant d’aujourd’hui

Étonnants classiques

Nom auteur: 

DEL CASTILLO (Michel)

Titre 2: 

Tanguy. Histoire d’un enfant d’aujourd’hui

Nouveaux programmes
EAN: 
9782081249691
Prix: 
5,00 €
Nombre de pages: 
320 pages
Description: 

1942. Réfugié espagnol en France, Tanguy, petit garçon de sept ans, vit auprès de sa mère, à laquelle il voue un amour naïf et absolu. Mais, dans la France occupée, la situation des réfugiés devient difficile. Un seul recours : retourner en Espagne. À la surprise de Tanguy, sa mère l’abandonne pour passer seule la frontière. Avec l’espoir que son fils la rejoindra ? ou parce qu’elle veut se défaire de cet enfant qui l’encombre ? Tanguy ne le saura jamais. Le lendemain même de la séparation, les nazis font une descente dans la maison où des bergers français le cachent. Le petit garçon devra survivre seul à la déportation, au camp de concentration et même à la libération, où il se retrouvera de nouveau plongé dans un univers carcéral… Dans ce roman d’inspiration autobiographique, Michel del Castillo écrit le récit d’une enfance malmenée par les tourmentes de l’Histoire.

Le dossier proposera deux groupements de textes sur le récit autobiographique et sur l’enfant dans la guerre.

Un cahier photos couleurs de 8 pages servira de support à l’enseignement de l’Histoire des arts. Conformément aux recommandations des programmes, il permettra d’aborder les figures de l’amour maternel et la photographie de reporters de guerre.

Pdf de toute l'etude: 

Une photographie au service d’une dénonciation

 

■ Pakistan, 2004, par Reza, cahier photos de l’édition, p. 6.

 

■ Introduction

Présentez l’œuvre en indiquant le nom de l’artiste, le titre de l’œuvre, sa date de création et son contexte historique.

Né en Iran en 1952, Reza Deghati, dit Reza, est un photojournaliste français de renommée internationale. Ses œuvres témoignent du chaos de la guerre, de ses ravages et du désarroi des hommes pris dans la tourmente des révolutions et des catastrophes. Time Magazine, Stern, Newsweek, Géo, Paris-Match, National Geographic et bien d’autres magazines internationaux publient régulièrement ses reportages.

Cette photographie a été prise en 2004 au Pakistan. Si le photographe ne lui a pas donné de titre, il la légende ainsi sur le site de son agence de photographies, Webistan : « Khalil Rahman, milicien antitaliban, pose à côté de sa fille Nasrine à la frontière pakistanaise. » À cette époque, un conflit oppose l’armée pakistanaise à des mouvements islamistes armés dans le nord-ouest du Pakistan, dans la région de Peshawar, à la frontière de l’Afghanistan. Devant la difficulté des militaires à faire face aux talibans, la population pakistanaise se révolte. Forts de leur excellente connaissance du terrain et de la région, les hommes des villages de cette zone tribale, comme Khalil Rahman, prennent les armes contre les talibans.

 

■ Description

1. Quels sont les différents personnages représentés sur la photographie ? Qu’y a-t-il à l’arrière plan de l’image ?

Deux personnages sont représentés dans la photographie. Khalil Rahman, debout, en tenue traditionnelle noire, tient de ses deux mains son arme, qui semble être une kalachnikov. À ses pieds, assise, les jambes repliées, sa fille Nasrine regarde le photographe.

Ces deux personnages se détachent sur un fond neutre. Ils sont au pied d’un mur, certainement en torchis, et foulent un sol en terre battue aussi clair que la paroi. Ce décor austère et vide fait ressortir les deux personnages sur lesquels se pose le regard du photographe.

 

2. Décrivez précisément l’apparence de la fillette.

La petite fille, qui doit avoir entre six et huit ans, porte une ample robe de couleur rose. Trop grande – l’encolure glisse sur l’épaule gauche de la fillette –, celle-ci paraît abîmée et tachée. Ses pieds nus et ses mains sont sales, blanchis par la terre, tout comme son visage. Ses cheveux sont ébouriffés : deux barrettes tentent maladroitement d’en discipliner la coiffure.

 

■ Interprétation

1. Relevez les effets de contraste sur lesquels est construite la photographie.

On remarque différents effets de contraste qui donnent une grande force et une grande simplicité à la photographie. Le premier est lié aux personnages et à leur position : l’homme debout s’oppose à la petite fille assise par terre. Le second est dû aux couleurs : le noir de la tenue masculine contraste à la fois avec le rose de la robe et avec la clarté du décor. Le dernier est d’ordre symbolique : l’arme que porte le père connote la violence et la mort, tandis que la fillette est associée à l’enfance et à l’innocence.

 

2. Comment la petite fille est-elle mise en valeur ? Quel sens peut-on donner au cadrage et à la position de l’enfant ?

Le cadrage de la photographie fait toute son originalité. Reza choisit de ne pas laisser voir la tête de l’homme, coupé à hauteur d’épaules. Ce qui semble intéresser le photographe, ce n’est pas le milicien en guerre contre les talibans, mais sa fille, l’enfant dans ce contexte de guerre civile.

Toutefois, la position de la fillette peut se prêter à différentes interprétations. Cette position assise peut représenter la soumission : celle de la femme dans la société pakistanaise, sous la coupe de l’autorité masculine, du père ou du mari. Elle peut aussi symboliser l’assujettissement : ce sont les hommes qui font la guerre, les femmes et les enfants la subissent. Elle marque peut-être encore le destin des enfants de certains pays, qui grandissent sous la protection de guerriers, mais aussi à l’ombre des conflits : Nasrine a-t-elle connu autre chose que la guerre ?

 

3. Analysez le regard et la position des mains de la fillette : que peuvent-ils traduire ?

Le regard de Nasrine est fixé sur l’objectif : sans timidité ou gaucherie, son regard est franc et grave. Cette impression est renforcée par son sourcil légèrement froncé et sa bouche serrée qui traduisent une détermination et une indifférence peu communes pour une enfant de cet âge. Souffre-t-elle de ce conflit ? Est-elle méfiante face à l’objectif de Reza ?

Sa main droite touche négligemment le bas de sa robe, la gauche est posée, paume ouverte, sur sa cuisse. Cette main ouverte intrigue : pourquoi l’enfant n’a-t-elle pas un jouet, un objet qui la relierait à l’univers de l’enfance ? Cette main vide ne serait-elle pas le symbole des conséquences de la violence et de la guerre sur l’enfant (la guerre empêchant toute insouciance, toute éducation, tout avenir…) ? Le mimétisme entre la fille et le père est également remarquable. La fillette ne tient pas d’arme, mais adopte la même position des mains que celle de son père… On peut alors y voir le symbole de son héritage familial : la cause pour laquelle son père combat est aussi la sienne.

 

■ Conclusion

En quoi peut-on dire que cette photographie a une portée universelle ?

Le regard noir de la petite fille sur le photographe peut se lire comme un reproche muet, aux adultes d’ici ou d’ailleurs, à ceux qui regardent la photographie et qui ne savent pas arrêter cette implacable loi de la guerre, qui prive les enfants de leur enfance et leur impose l’expérience de la violence et de la perte…

L’absence de détails qui ancrent le cliché dans une réalité historique et géographique précises lui donne une dimension universelle : l’arrière-plan neutre est vide, aucun objet n’est présent, et la robe de la fillette est celle de toutes les enfants de son âge. Seule la tenue du père renvoie peu ou prou au contexte géographique du Moyen-Orient et l’arme à une époque moderne.

Les deux personnages deviennent alors des symboles : ils incarnent tous les guerriers et tous les enfants victimes de la guerre.

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