Enfant (L')

Étonnants classiques

Nom auteur: 

VALLÈS (Jules)

Titre 2: 

Enfant (L')

Nouveaux programmes
EAN: 
9782081444867
Prix: 
3,30 €
Nombre de pages: 
160 pages
Description: 

Jacques Vingtras est un enfant du XIXe siècle. Fougueux et turbulent, il est souvent malheureux au collège et parfois incompris par ses parents. Le récit de sa vie est fait de moments tristes mais aussi d'épisodes tendres et cocasses car, même dans le malheur, le narrateur ne perd jamais son sens de l'humour. Le dossier de l'édition réunit des textes de Jean-Jacques Rousseau, Alphonse Daudet, Hervé Bazin mais aussi Philippe Lejeune pour étudier les caractéristiques de l'écriture autobiographique.

Pdf de toute l'etude: 

Lecture de l’image no 1 : portraits d’enfants et récit autobiographique

Antonio Mancini, Le Petit Écolier, v. 1876, cahier photos de l’édition, p. 2

Albert Anker (1831-1910), Le Rêveur, cahier photos de l’édition, p. 2

Pierre-Édouard Frère, La Réprimande, 1863, cahier photos de l’édition, p. 3

1. Comparez les tableaux d’Anker et de Mancini :

– Repérez les ressemblances et les différences entre l’enfant représenté sur les toiles et le personnage de Jacques dans le roman de Jules Vallès.

Les ressemblances : Dans les deux tableaux, l’enfant représenté semble avoir l’âge de Jacques Vingtras. Il est seul, abandonné à ses rêveries ou à ses pensées, alors que le livre ouvert, la plume et le cahier d’exercices dans le tableau d’Anker, ainsi que les livres entassés derrière le petit « écolier » de Mancini indiquent qu’il devrait être à ses devoirs. Le décor ne propose aucune ouverture vers un extérieur ou un horizon, et le sentiment d’enfermement est renforcé par la présence d’une table derrière laquelle l’enfant reste assis, immobile. Dans les deux tableaux, le regard de l’enfant est dirigé vers un point hors du cadre, mais l’absence de sourire et l’expression énigmatique rendent l’interprétation difficile : ennui, solitude, rêverie ?

Les différences : Le tableau d’Anker ne semble pas correspondre au cadre familier décrit par Jules Vallès. Les étagères, l’encrier ouvragé au premier plan et les habits bien coupés de l’enfant indiquent une certaine aisance matérielle. À l’inverse, dans le décor du tableau de Mancini – l’entassement des livres, la jarre et le brasero au premier plan, le torchon qui traîne sur la table – tout suggère que la scène se déroule dans une cuisine plutôt que dans une bibliothèque ou une salle d’étude. Les cheveux hirsutes, les habits froissés et les souliers éculés donnent l’impression que l’enfant est livré à lui-même, que l’on a peu pris soin de lui.

 

– Quels sentiments la posture de l’enfant, le visage posé sur la main, suggère-t-elle ?

Depuis l’Antiquité, les artistes représentent des personnages pensifs, la tête inclinée posée sur la main, le regard perdu au loin, en proie à une douleur ou un malaise lancinants que l’on désigne sous le terme de « mélancolie ». L’une des représentations les plus emblématiques du personnage mélancolique est la gravure sur cuivre d’Albrecht Dürer datée de 1514 et justement intitulée La Mélancolie.

À l’origine, la mélancolie désigne la bile noire, une des quatre humeurs de la médecine ancienne, dont l’excès provoque des accès de tristesse. Dans un sens plus courant, le terme désigne un état d’abattement, de tristesse vague accompagnée de rêverie.

Dans les deux tableaux, ce sentiment de mélancolie est renforcé par l’emploi de couleurs sombres et sourdes, le décor étant brossé dans un camaïeu de brun et d’ocre.

 

– D’après vous, pourquoi ces peintres, ainsi que Jules Vallès, ont-ils préféré pour leurs œuvres un titre sans nom propre (Le Rêveur, Le Petit Écolier, L’Enfant) ?

Le titre est la première clef de lecture ou d’interprétation d’une œuvre : ne pas choisir un nom propre, c’est dire que le sujet de l’œuvre n’est pas un individu, mais un archétype, un personnage dont le destin ou la posture sont symboliques. Le lecteur du roman, le spectateur du tableau sont appelés à s’identifier au personnage représenté : « le rêveur », « le petit écolier » ou « l’enfant ».

 

2. Quels passages de L’Enfant le tableau de Pierre-Edouard Frère vous semble-t-il illustrer ?

– « Mais un jour que j’avais levé mon pan, parce que ça me cuisait trop, et que je prenais l’air entre deux portes, elle m’a vu […] » (p. 27).

Lecture de l’image no 2 : l’école, de la scène de genre à la caricature

Honoré Daumier, « Comment on décide un jeune homme à venir enfin rendre ses hommages respectueux à ses parents », cahier photos de l’édition, p. 5

Honoré Daumier, « Comme quoi l’emprisonnement cellulaire ne produit pas toujours d’excellents résultats », cahier photos de l’édition, p. 5

Honoré Daumier, « Ah ! drôle, vous passerez toute votre vie à mettre des queues de papier au séant des mouches !… Avancez votre main tout de suite, et ne la retirez que quand je vous en octroierai la permission ! », cahier photos de l’édition, p. 6

 

1. Choisissez la gravure 1, 2 ou 3 et analysez le rapport entre la légende et l’image qu’elle accompagne.

La légende, par sa tournure orale, transforme la lithographie en instantané, en scène de théâtre. Elle met également en relief l’ironie, cette manière de se moquer de quelqu’un en disant le contraire de ce que l’on veut faire entendre, une ironie déjà présente dans le dessin.

Sur la première gravure (en haut de la p. 5), l’ironie naît du contraste entre la brutalité du geste du maître, traînant l’enfant par l’oreille, et la politesse et les manières qu’il prétend lui inculquer. C’est donc du maître, dont la « politesse » est ironiquement dénoncée comme de la brutalité, que la caricature se moque.

Sur la deuxième gravure (en bas de la p. 5), l’effet comique de la légende est créé par une litote (« ne produit pas toujours d’excellents résultats » mis pour « produit souvent de mauvais résultats ») ; la composition de l’image invite le spectateur à adopter le point de vue de l’enfant-victime dont nous partageons l’enfermement, l’adulte étant rejeté hors de cet espace clos, et forcé de constater son impuissance.

Sans la légende de la troisième gravure (p. 6), nous ne pourrions dire le point de départ de la situation représentée, mais uniquement constater que le maître semble réprimander un élève qui se tient debout, tête basse devant son bureau. La légende nous fournit bien plus que le motif de la punition : elle nous incite à faire un rapprochement entre la cruauté de l’enfant qui torture des insectes et celle du maître qui s’apprête à le frapper pour le punir.

 

2. Laquelle de ces citations vous semble la plus juste ? Pourquoi ?

– « Par ses effets expressifs mis en évidence par la ponctuation, par sa tournure orale et souvent familière, enfin par son rythme dialogué, la légende s’harmonisait au projet artistique de Daumier, peintre du quotidien. […] C’était bien souvent [elle qui] maintenait le croquis dans la sphère comique de la caricature » (Ségolène Le Men, « Daumier et l’estampe », dans Daumier, RMN, 1999).

– « Daumier définit une situation, une expression, de sorte que ses lithographies “parlent” seules sans le secours de la légendelégende – qui souvent n’est pas de lui. “Si mon dessin ne vous dit rien, c’est qu’il est mauvais, la légende ne le rendra pas meilleur, déclarait-il. S’il est bon, vous le comprendrez bien tout seul” » (Pierre Cabanne, Honoré Daumier. Témoin de la Comédie humaine, Éditions de l’Amateur, 1999).

Cette question est laissée à la libre interprétation des élèves, à condition que leurs réponses soient argumentées.

Lecture de l’image no 3 : l’enfant malheureux au cinéma ; Poil de carotte et Vipère au poing

Poil de carotte, par Julien Duvivier (1932), avec Robert Lynen (Poil de carotte) et Catherine Fonteney (Mme Lepic), cahier photos de l’édition, p. 8

Vipère au poing, par Philippe de Broca (2004), avec Catherine Frot (Paule Pluvignec, dite « Folcoche ») et Jules Sitruk (Jean Rezeau, dit « Brasse-Bouillon »), cahier photos de l’édition, p. 8

 

Comparez les deux scènes.

1. De quel côté provient la lumière et que met-elle en valeur ?

Dans la première photographie (en haut de la p. 8), la lumière est zénithale, elle semble tomber d’un lustre que l’on ne voit pas et éclairer le front, l’arête du nez et les pommettes de la femme, durcissant encore davantage les traits de son visage fermé. L’enfant baisse légèrement la tête, son visage reste dans l’ombre. C’est la main qu’il tend vers la femme qui est mise en relief.

Dans la deuxième photographie (en bas de la p. 8), la lumière provient de deux sources : la porte ouverte à l’arrière-plan laisse passer un flot de lumière qui vient frapper la nappe blanche entre les deux personnages, et le verre en cristal posé devant la femme. Mais il doit nécessairement y avoir une deuxième source de lumière qui vient éclairer le visage de la femme, sinon celui-ci serait à contre-jour.

Dans les deux scènes, la lumière met donc en valeur le visage de la femme, et les mains des personnages, sans que l’on puisse interpréter la signification de leurs gestes.

 

2. Décrivez les jeux de regards entre la mère et l’enfant : quels sentiments expriment-ils ?

Dans les deux scènes, l’enfant et la femme se scrutent mutuellement. L’enfant de profil semble guetter une réponse, une réaction de la femme, qui demeure impassible, hautaine voire méprisante (visage fermée, lèvres pincées, regard fixe).

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