Électre

Étonnants classiques

Nom auteur: 

GIRAUDOUX (Jean)

Titre 2: 

Électre

Nouveaux programmes
EAN: 
9782081347779
Prix: 
3,90 €
Nombre de pages: 
224 pages
Parution: 
14/01/2015
Description: 

« Elle ne fait rien. Elle ne dit rien. Mais elle est là. » Électre prépare sa vengeance : son père, Agamemnon, a été assassiné dans son palais le jour même de son retour victorieux de la guerre de Troie.

Son frère rentré d’exil, la jeune femme sait que le moment est enfin venu : justice sera faite grâce à Oreste, même s’il faut pour cela sacrifier la ville d’Argos.

Composée dans la période de l’entre-deux-guerres, cette pièce propose une récriture originale du mythe des Atrides, à la croisée de l’énigme policière, de la tragédie et de la comédie. Créée en 1937 par Louis Jouvet, Électre offre sur scène une héroïne moderne dont la rage de justice n’en finit pas d’interroger le spectateur.

Cette édition est préconisée en classe de Troisième (« Théâtre : continuité et renouvellement ») et en classe de Première (« Le texte théâtral et sa représentation, du xviie siècle à nos jours »).

Richement annotée, cette édition contient 2 groupements de textes : « variations autour du mythe », « comment mettre en scène Électre ? ». Un cahier photos couleur de 8 pages servira de support à l’enseignement de l’histoire des arts.

Lecture de l’image 1 : l’espace de la représentation, ou comment figurer le palais d’Argos ?


■  Maquette de Wakhevitch pour le décor d’Électre, de Giraudoux, dans la mise en scène de Pierre Dux, à la Comédie-Française, en 1959 (cahier photos, p. 6).

Il est riche d’enseignements de confronter la lecture de la scène d’exposition à la maquette du décor réalisé par le scénographe Georges Wakhevitch (cahier photos) pour la création de la pièce à la Comédie-Française en 1959 dans la mise en scène de Pierre Dux.

Tout d’abord, des éléments font référence à l’Antiquité grecque : l’architecture et ses colonnes doriques, le temple qui se détache au fond. Il s’en dégage une impression de vestiges ou de ruines : le palais est à ciel ouvert, il est vide – seul le trône en pierre atteste une présence. On peut observer comment l’antagonisme à l’œuvre dans le texte est transcrit dans le décor. En effet, on ne sait si l’on a affaire à un intérieur ou à un extérieur ; la couleur rouge s’oppose à la pierre beige, le végétal s’oppose au minéral, la complexité des espaces contraste avec les lignes simples. À partir de ces observations, on s’interrogera : quel sentiment ressort de la représentation du palais ? Est-elle conforme à l’idée qu’on s’en faisait à la seule lecture ? Pourquoi ? Quel est le parti pris artistique du décorateur ? Quel moment de la pièce pourrait s’inscrire particulièrement bien au milieu de ce décor ? L’idée de tragédie (le rouge du drap rappelle le meurtre) domine, le palais semble dévasté, fissuré, le végétal a pris le pas sur la vie humaine.

Lecture de l’image 2 : une famille tragique, la malédiction du crime


■ John Collier, Clytemnestre après le meurtre, 1882 (cahier photos, p. 1)

1. Décrivez le personnage de Clytemnestre : sa posture et son expression. Quel sentiment traduit-elle ? En quoi peut-on dire qu’elle incarne une héroïne vengeresse ?

Clytemnestre se tient droite face au spectateur. Elle sort visiblement d’une pièce que l’on aperçoit au fond et s’appuie sur une hache d’où coule du sang. Cette scène suit immédiatement le meurtre de son époux, Agamemnon. La reine lève le menton en signe de défi : elle semble parfaitement assumer son acte.

2. Le peintre accentue le hiératisme de son personnage avec des lignes verticales dans la composition du tableau : énumérez et commentez les éléments qui soulignent cette idée.

La composition du tableau souligne la théâtralité de la scène : l’estrade, le rideau à droite, la colonne à gauche. Les motifs complexes, les bijoux et les différents drapés accentuent encore l’idée de richesse.

3. Imaginez la scène qui est dérobée à nos regards : qu’y a-t-il en arrière-fond, derrière le rideau ? Pourquoi cette vision nous est-elle dérobée ?

Le corps d’Agamemnon gisant dans sa baignoire n’est pas montré mais suggéré par un jeu d’ombre et de lumière. Le peintre respecte l’idée classique de bienséance (les meurtres se font hors scène) et permet ainsi au spectateur de se l’imaginer.

 

■ Bernardino Mei, Oreste massacrant Égisthe et Clytemnestre, 1654 (cahier photos, p. 2)

1. Décrivez le plus précisément possible le tableau. Où se trouvent les personnages ? Qu’est-ce qui vous permet de le dire ?

Les personnages se trouvent dans les appartements de Clytemnestre. Égisthe et la reine sont dénudés, surpris sans doute alors qu’ils sont couchés. Les personnages du fond renvoient aux divinités des Érinyes, comme en témoignent les serpents qu’ils tiennent à la main.

2 et 3. Soyez attentifs à la composition : quel personnage occupe le centre ? Comment le peintre donne-t-il une impression de mouvement aux différents personnages représentés ? Comment oppose-t-il Oreste aux personnages de Clytemnestre et d’Égisthe ? Quel moment précis a-t-il choisi de représenter ?

Oreste est au centre, il est vêtu en guerrier tandis qu’il est saisi par le peintre au moment où, après avoir tué Égisthe, il s’apprête à enfoncer son épée dans le sein de sa mère.

4. En quoi ce face-à-face est-il pathétique ? Commentez l’expression des personnages.

Le face-à-face du fils et de la mère est empreint d’une force pathétique : aucune colère ne marque le regard d’Oreste, qui semble fermer les yeux tandis que sa mère l’observe, incrédule.

 

■ William Bouguereau, Les Remords d’Oreste, 1862 (cahier photos, p. 2)

1, 2 et 3. Expliquez le titre du tableau. Qu’est-ce qui oppose ce tableau de la fin du xixe siècle au précédent qui date du xviie ? Qui sont les trois personnages de femmes autour du jeune homme ? Qui montrent-elles du doigt ? Qu’est-ce qui les caractérise (regardez notamment leur chevelure et ce qu’elles tiennent à la main) ? Qu’incarnent-elles ? Commentez leur expression. Qu’est-ce qui montre qu’Oreste n’assume pas le crime qu’il vient de commettre ? Inversement, comment le personnage de Clytemnestre est-il représenté comme une victime innocente (costume, position des mains, regard vers le ciel, etc.) ?

À peine Oreste a-t-il commis son crime qu’il est poursuivi par les Érinyes, allégories du remords. L’expression du jeune homme qui se bouche les oreilles indique sa douleur, qui le conduira à la folie. Ce tableau s’inscrit dans le mouvement romantique ; la nudité d’Oreste souligne sa fragilité ; les Érinyes sont ici représentées sous la forme de trois femmes effrayantes qui encadrent le jeune homme et soutiennent la reine, laquelle apparaît comme une victime majestueuse. Oreste semble vouloir s’échapper mais les Érinyes, qui l’accusent du meurtre et sont comme enragées, font preuve d’une ténacité redoutable.

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Mise en Scéne 1
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Mise en Scène 2
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