Cinq Nouvelles sur la cruauté ordinaire

Étonnants classiques

Nom auteur: 

ANTHOLOGIE

Titre 2: 

Cinq Nouvelles sur la cruauté ordinaire

Nouveaux programmes
EAN: 
9782081313842
Prix: 
3,70 €
Nombre de pages: 
128 pages
Description: 

Un retraité décroche son fusil lorsqu’il entend un intrus. Un rebelle surveille une plage, prêt à tirer « sur tout ce qui bouge ». Un dandy impose à son majordome ses dangereux caprices. Un jeune de banlieue assiste sans broncher à un acte de torture. Deux adolescentes se lancent dans une « ronde » aussi violente que tragique…

Les personnages de ces récits infligent ou subissent la cruauté ordinaire. Cruauté d’individus tyranniques ou inconscients. Cruauté d’une société inégalitaire qui engendre la violence. Cruauté du destin, qui transforme des personnes ordinaires en victimes et en bourreaux. En explorant la tragédie quotidienne du fait divers, les cinq auteurs de ces nouvelles interrogent la banalité du mal.

Cette édition est préconisée pour la classe de Troisième, dans le cadre de l’objet d’étude « Récits porteurs d’un regard sur le monde contemporain ».

Le dossier de l’édition contient de nombreuses lectures complémentaires, dont des nouvelles d’Annie Saumont et de Pascal Mérigeau, ainsi que deux récits cruels de Maupassant.

Un cahier photos couleurs de 8 pages servira de support à l’enseignement de l’histoire des arts et permettra d’étudier le réalisme et l’hyperréalisme dans l’art contemporain.

Pdf de toute l'etude: 

Lecture de l’image : dénoncer la réalité par l’image

 

■ Norman Rockwell, The Problem We All Live With, 1963, cahier photos de l’édition, p. 6.

 

■ Introduction

1. Présentez l’œuvre en indiquant le nom de l’artiste, le titre, la date de création et le contexte historique de l’œuvre.

The Problem We All Live With est une huile sur toile réalisée par Norman Rockwell en 1963 et reproduite pour la première fois en 1964 dans le magazine Look. Ce tableau représente un épisode important de la lutte pour les droits civiques aux États-Unis dans les années 1960. Le 14 novembre 1960, la petite Ruby Bridges est la première Afro-Américaine à intégrer une école blanche aux États-Unis. Cette rentrée se fait sous haute surveillance, puisque Ruby est accompagnée d’agents fédéraux chargés de la protéger contre les insultes et projectiles dont elle pourrait être la cible.

■ Description

2. Qui sont les différents personnages représentés sur ce tableau ? À quoi les reconnaît-on ?

Le personnage central est la fillette se rendant à l’école, son matériel scolaire en main. Autour d’elle se trouvent des gardes fédéraux que l’on reconnaît à leurs costumes et à leurs brassards jaunes portant l’inscription « Deputy US Marshall ». Leurs poses stéréotypées montrent leur force, leur résolution à faire appliquer la loi et peut-être aussi, par le caractère mécanique de leurs gestes, leur habitude face aux agressions raciales.

3. Quelles inscriptions ou dégradations peut-on voir sur le mur au second plan ? Cherchez la signification des inscriptions en anglais. En quoi ce décor nous renseigne-t-il sur la situation que l’œuvre dépeint ?

À gauche du mur, au milieu des graffitis, on peut lire « KKK » pour Ku Klux Klan, une organisation américaine protestante et blanche, née au xixe siècle, qui s’est rendue coupable de nombreux crimes racistes. La grande inscription centrale porte l’injure « nigger » (nègre). On distingue une tomate écrasée à droite, qui semble destinée à la petite fille et souligne l’hostilité à laquelle elle doit faire face.

Le mur au second plan n’est donc pas un simple décor : il apporte des informations essentielles pour comprendre la violence raciste qui imprègne la société américaine des années 1960.

■ Interprétation

4. Comment le personnage central est-il mis en valeur ? Analysez les couleurs et la composition de la toile, et comparez celle-ci à la photographie montrant Ruby Bridges descendant les marches de son école.

Ruby Bridges est d’abord mise en valeur par la composition : c’est l’unique personnage dont on voit le visage. Le tableau ne montre que le corps des gardes, coupé aux épaules, comme pour signifier que seule leur fonction est importante. Sur la photographie montrant Ruby Bridges devant son école, on pouvait voir au contraire le visage des marshalls, que Rockwell a choisi de ne pas montrer pour donner plus de force à la présence de la fillette.

Le jeu des couleurs dirige aussi le regard du spectateur sur l’enfant, qui se détache par le noir de sa peau et le blanc, couleur de sa robe. Cette dernière teinte symbolise l’innocence. La sobriété de sa tenue contraste avec le fond coloré du mur et avec les brassards jaunes des gardes. Sur la photographie qui a servi de modèle à Rockwell, Ruby porte une robe noire : le peintre a donc accentué l’opposition des couleurs.

5. Comment qualifieriez-vous l’attitude de la fillette ?

La fillette affiche sa résolution. Elle marche droit et regarde en face d’elle, le visage serein (ce qui n’est pas le cas sur la photographie, où Ruby laisse transparaître son inquiétude). Son poing droit fermé, comme celui des gardes, souligne sa détermination à faire respecter son droit.

6. Quels sont les éléments qui rendent ce tableau réaliste ? Appuyez-vous sur les photographies dont s’est inspiré Norman Rockwell pour créer son tableau.

Norman Rockwell peint une situation réelle : il a repris l’épisode du 14 novembre 1960 pour élaborer son tableau, comme en témoigne la photographie de Ruby Bridges qui montre une composition similaire. L’impression de réalisme est aussi créée par les détails (le mur sale, les graffitis) et par la minutie du dessin pour les vêtements des gardes, le visage et la coiffure de la fillette.

■ Conclusion

7. Que dénonce Norman Rockwell dans son tableau ? Pourquoi peut-on dire de cette œuvre qu’elle est engagée ?

Cette œuvre dénonce le racisme qui sévit aux États-Unis dans les années 1960. Il s’agit d’un tableau engagé, qui prend position dans un débat brûlant, contemporain de l’artiste, et qui vise le racisme en général à travers un cas précis et réel. Le titre de l’œuvre, The Problem We All Live With (« Le problème avec lequel nous vivons tous »), invite chaque spectateur à s’interroger sur cette question et sur son engagement concret contre ce fléau.

8. Comparez le tableau de Rockwell avec la sculpture de Duane Hanson : que critique le sculpteur ? Quelle émotion chacun des deux artistes cherche-t-il à susciter chez le spectateur ?

La critique présente dans la sculpture de Duane Hanson est beaucoup plus vaste et moins directe que celle proposée par Norman Rockwell : il critique la société de consommation, qui abuse des biens matériels et culturels (les touristes). À la différence de Rockwell qui cherche à susciter l’émotion du spectateur, voire sa colère, les sculptures de Hanson amusent par leur réalisme saisissant. L’arme d’Hanson est l’ironie, au lieu de la compassion ou de l’indignation créées par le tableau de Rockwell.

9. Outre la critique, quelles fonctions peut-on attribuer aux œuvres réalistes ou hyperréalistes ?

Les œuvres réalistes de la fin du xixe siècle témoignaient de la réalité sociale contemporaine, souvent méconnue de la haute société (celle qui allait aux musées et fréquentait les Salons). Elles jetaient un regard digne, évitant le pittoresque ou la caricature, sur les paysans ou les ouvriers, figures bannies de la peinture académique. Dans l’art hyperréaliste de Mueck et de Close, il s’agit plutôt de surprendre le spectateur en lui offrant une représentation de la vie et des êtres humains plus vraie que nature – et par là étrange, étonnante. L’enjeu de ces œuvres n’est pas tant de choquer – même si la sculpture géante du bébé de Ron Mueck peut éprouver le spectateur – que de provoquer le sentiment d’une inquiétante familiarité.

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