Fourberies de Scapin (Les)

Étonnants classiques

Nom auteur: 

MOLIÈRE

Titre 2: 

Fourberies de Scapin (Les)

Nouveauté: 
NOUVELLE EDITION
Nouveaux programmes
EAN: 
9782081386761
Prix: 
2,80 €
Nombre de pages: 
160 pages
Description: 

En l'absence de leurs pères respectifs, Octave s'est épris d'une bohémienne et Léandre a épousé une orpheline. La belle affaire, car les deux vieillards rentrent de voyage avec d'autres projets de mariage pour leurs fils ! Heureusement, les deux jeunes gens peuvent compter sur Scapin pour les tirer d'embarras : le valet rusé à plus d'un tour dans son sac... Le voici qui invente des histoires invraissemblables, qui contrefait sa voix et joue le mourant avant de revenir à la vie comme par enchantement ! Dramaturge, metteur en scène et comédien hors pair, Scapin orchestre une comédie haletante, dont le succès, au fil des siècles, ne s'est pas démenti. Le dossier de l'édition propose des questionnaires de lecture, analyse les formes de comique dans la pièce de Molière et présente les métamorphoses de Scapin, depuis son ancêtre latin (Plaute, Les Bacchis) jusqu'à son avatar moderne (Alain Badiou, Ahmed le Subtil), en passant par le valet de la commedia dell'arte. En outre, il étudie la scène du sac dans la création de Jean-Pierre Vincent au festival d'Avignon en 1990.

Pdf de toute l'etude: 

Lecture de l’image : la « scène du sac » dans trois mises en scène.

Corrigé des questions de la partie « Histoire des arts », p. 132-133.

 

 

 


  • Photographie, mise en scène de Jean-Louis Benoît, avec Philippe Torreton (1997), p. 134 ; photographies des mises en scène d’Omar Porras (2009) de Laurent Brethome (2014) ; p. 135.

 

1. Tout d’abord, l’analyse des trois images conduit les élèves à repérer la liberté dont bénéficie le metteur en scène qui, par ses choix, propose à chaque fois une interprétation singulière de l’œuvre. Ainsi, tandis que Jean-Louis Benoît conserve une atmosphère plus traditionnelle, comme en témoigne le costume d’époque porté par Philippe Torreton, Laurent Brethome offre une vision plus moderne : Scapin, en jean et débardeur, n’est plus le valet du XVIIe siècle, mais un jeune homme évoluant dans un décor urbain, sur les docks d’une ville portuaire, comme le suggèrent le container à droite et les poulies. La batte de baseball a remplacé le bâton, et le Scapin du XIXsiècle semble plus inquiétant. Omar Porras associe, quant à lui, tradition et modernité. En effet, si le choix du masque peut se lire comme un hommage rendu à la commedia dell’arte, le décor représente un bar dans une atmosphère contemporaine. Dans les trois cas, Scapin est mis en valeur, tantôt par la lumière dans les documents 1 et 3, tantôt par sa place à l’avant de la scène dans le document 2.

2. La représentation du sac de la scène 2 de l’acte III varie dans les trois images. Si le choix du sac de jute par Jean-Louis Benoît témoigne d’une lecture plus fidèle de l’œuvre en ce qu’il ancre l’intrigue dans l’époque de Molière, le sac plastique du document 2 modernise la scène, tout en conservant le sac, accessoire emblématique dans ce passage. Laurent Brethome, en lui substituant la poubelle en plastique, propose une relecture de la pièce et affirme sa volonté de lui donner un éclairage neuf, plus contemporain.

3. Si les nouveaux « sacs » mis en scène par Omar Porras et Laurent Brethome constituent un anachronisme et donc un décalage par rapport à l’œuvre de Molière, ils permettent toutefois d’exprimer la dégradation du puissant, au cœur de la pièce classique. Ces relectures, si elles s’avèrent originales, ne trahissent donc pas l’idée du texte. Enfermé dans un sac-poubelle ou un container, le maître apparaît comme un détritus, une ordure qui subit l’humiliation dans un renversement carnavalesque. L’étude des différentes mises en scène souligne ainsi le caractère atemporel de la pièce de Molière et des enjeux qu’elle interroge, notamment le sentiment d’injustice.

4. La mise en scène révèle, tout d’abord, la domination du valet sur le maître grâce à la position des comédiens sur scène, dans les documents 1 et 3. En effet, Philippe Torreton, dans la mise en scène de Jean-Louis Benoît, se tient debout et bien droit tandis que le maître, enfermé dans le sac, est allongé au sol. Le pied du valet est posé sur le sac, ce qui suggère, d’une part, la prise de pouvoir du faible qui contrôle désormais le puissant et, d’autre part, une dégradation du maître, devenu une sorte de trophée de chasse. Dans la mise en scène de Laurent Brethome, Jérémy Lopez, qui incarne Scapin, domine lui aussi le maître puisqu’il est assis sur le container dans lequel ce dernier est enfermé, empêchant de fait sa sortie. La batte de baseball qu’il tient à la main renforce l’impression de domination. À nouveau, l’inversion des rapports de force est manifeste puisque c’est le valet qui a le dessus sur le maître.

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Mise en Scéne 1
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Mise en Scène 2
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