Un coeur simple

Étonnants classiques

Nom auteur: 

FLAUBERT

Titre 2: 

Un cœur simple

EAN: 
9782081289819
Prix: 
2,90 €
Nombre de pages: 
128 pages
Parution: 
25/02/2015
Description: 

« Dévouée sans exaltation et tendre comme du pain frais », Félicité, la servante de Mme Aubain, « aime successivement un homme, les enfants de sa maîtresse, un neveu, un vieillard qu’elle soigne, puis son perroquet », écrit Flaubert. Cette « pauvre fille de campagne », héroïne ordinaire d’une existence banale, possède pourtant l’extraordinaire bonté des cœurs simples et la profonde dévotion des saints.

Donnant à voir chaque détail d’une vie minuscule, ce texte, issu des Trois Contes, fait figure de nouvelle réaliste exemplaire. Mais, parce que le grotesque s’y mêle au sublime, il n’en finit pas de troubler le lecteur par son ironie latente.

Richement annotée, cette édition est préconisée en classe de Seconde pour l'étude du récit (« Le roman et la nouvelle au xixe siècle : réalisme et naturalisme »).

Le dossier de l’édition contient 3 groupements de textes : « Un cœur simple dans la correspondance de Flaubert », « portraits de domestiques », « l’homme et la bête ».

Un cahier photos couleur de 8 pages servira de support à l’enseignement de l’histoire des arts.

Pdf de toute l'etude: 

L’analyse d’images permettra de faire ressortir plusieurs enjeux qui traversent notre œuvre : la caricature éclaire le lecteur sur le réalisme flaubertien et le regard que lui portent certains de ses contemporains, le tableau de Degas donne à réfléchir à la représentation de la femme au travail au xixe siècle, l’affiche du film invite à s’interroger sur la postérité d’une œuvre à travers sa récriture cinématographique (plus précisément sur la transposition d’un texte court en long-métrage). La lecture d’images est donc un outil intéressant pour rassembler des idées qui seront développées au fil de la séquence.

 

■ Caricature de Flaubert (cahier photos, p. 4)

Flaubert est ici représenté en train de disséquer l’un de ses personnages, Emma Bovary. Cette caricature met en avant la précision dont fait preuve Flaubert quand il décrit, tant physiquement que psychologiquement, ses protagonistes, qu’il explore en profondeur. L’écrivain ne se contente pas d’observer, de prendre des notes, mais exhibe le « cœur » de ses personnages devant son lecteur : ses êtres de papier se révèlent suffisamment consistants pour que l’on puisse connaître tout ce qui les compose.

Cette caricature recourt à la métaphore pour caractériser le réalisme de l’auteur, qui non seulement trempe sa plume dans le sang de son personnage mais aussi fait preuve d’une minutie chirurgicale à le détailler, comme l’indiquent les instruments de dissection présents. Elle rappelle par ailleurs que Flaubert était le fils du chirurgien-chef de l’Hôtel-Dieu de Rouen.

 

■ Repasseuse à contre-jour, de Degas (cahier photos, p. 3)

La repasseuse est représentée dans un environnement fait de nuances claires (vêtements, draps, fenêtre, table) alors qu’elle-même est donnée à voir dans des nuances plus sombres. Un effet de contraste est donc ménagé ici, annoncé par le titre : il participe à construire l’anonymat du personnage (une femme commune, qui ne se singularise pas par sa tenue), figuré de profil et dont on ne discerne pas les traits, puisque la technique impressionniste utilisée par le peintre ne prétend pas tirer un portrait physique précis. La simplicité du vêtement de cette repasseuse évoque sa catégorie sociale modeste.

Le tableau ne met pas seulement cette femme en son centre, il y représente aussi son instrument de travail : le fer, dont la teinte sombre contraste avec le drap. 

C’est bien la femme au travail que souhaite représenter le peintre ici, dans une attitude caractéristique : attentive, debout, le dos courbé. Les objets qui entourent le personnage ne sont pas figurés dans une intention réaliste, puisqu’ils ne sont pas détaillés ; par leur présence, ils soulignent la solitude dans laquelle est plongée la travailleuse.

 

■ Affiche du film (cahier photos, p. 8)

La position assise et désœuvrée de la comédienne Sandrine Bonnaire permet d’insister sur la passivité du personnage ; la façon dont elle se tient trahit en outre son origine populaire. L’expression de l’actrice se veut assez neutre, suggérant le peu de pensées qui traversent l’esprit de Félicité dans le roman de Flaubert. Légèrement mélancolique, son attitude témoigne aussi de la difficulté de l’existence qu’elle mène. Mis en valeur, au premier plan, sans autre présence, le personnage apparaît d’emblée comme le personnage principal du film, mais aussi comme un être frappé de solitude.

En arrière-plan, on reconnaît des falaises normandes, facilement identifiables (voir le tableau de Courbet reproduit dans le cahier photos). On peut ainsi situer la scène dans le chapitre ii, au moment où la famille Aubain se rend à Trouville pour que Virginie prenne les eaux.

En document complémentaire (à ce moment, ou plus tard au cours de la séquence), le professeur peut choisir de montrer des extraits du film de Marion Laine, pour travailler sur la récriture cinématographique, ou de présenter d’autres représentations de domestiques dans le cinéma, notamment à travers des extraits de La Cérémonie, de Claude Chabrol (le personnage de Sophie offrant de nombreux points communs avec celui de Félicité, quoique sa condition sociale et sa distance intellectuelle avec le monde qui l’entoure ne soient pas interprétées de la même manière que dans notre roman).

Galerie Photos
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Mise en Scéne 1
Galerie vidéo mise en scène 1
Mise en Scène 2
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