Trois Nouvelles naturalistes

Étonnants classiques

Nom auteur: 

ZOLA, MAUPASSANT, HUYSMANS

Titre 2: 

Trois Nouvelles naturalistes

EAN: 
9782081444782
Prix: 
3,50 €
Nombre de pages: 
160 pages
Parution: 
29/08/2018
Description: 

Un ouvrier pris dans la tourmente de la Commune, déporté au bagne de Nouméa, s’évade et retrouve sa femme mariée à un autre... Mis à la retraite prématurément, un fonctionnaire se montre incapable de vivre en dehors du cadre étroit de l’administration... Sur son lit de mort, un riche paysan révèle sa double vie à son fils et lui demande de prendre soin de sa maîtresse... Voici des histoires insolites contées par trois maîtres du naturalisme.

Pdf de toute l'etude: 

« Toute la vie moderne ! »

 

■ Gustave Caillebotte, Le Pont de l’Europe, 1876 (cahier photos, p. 5)

Quelles impressions procure le jeu des perspectives et des regards ?

Le peintre multiplie les points de fuite : outre la perspective conique, soulignée par la chaussée, la rue en arrière-plan, le rebord du trottoir, la balustrade et la résille métallique du pont, Caillebotte trace des lignes verticales (réverbère, immeubles, cheminées, passants), des lignes transversales (autre partie du pont à droite, fosse Saint-Lazare, piéton qui traverse) et des diagonales (le jeu des regards, les croisillons du pont). Cette profusion donne une profondeur et du volume, et confère au tableau une esthétique photographique. La scène se présente comme la portion d’un tout, qui se laisse deviner si l’on veut bien suivre chaque ligne de fuite. Ainsi intégré dans Paris, le pont de l’Europe devient représentatif de cette capitale du xixe siècle. Les différents plans indiquent la complexité de la ville et ses superpositions fonctionnelles (transport ferroviaire, espace de déambulation, lieu d’habitation). Les personnages en marche et l’impression que le peintre lui-même avance en promenant son chien donnent l’illusion d’un mouvement. Le tableau montre ainsi une dynamique qui se veut à l’image de la modernité de la ville, représentée par la prédominance du métal et par la pluralité sociale (les bourgeois croisent les ouvriers et le peintre).

 

■ Fernand Pelez, Sans abri, 1883 (cahier photos, p. 5)

Étudiez tous les procédés propres à susciter l’émotion et l’empathie du spectateur.

Cette scène concentre de multiples procédés pathétiques. Les sans-abri qu’elle nous montre sont des êtres fragiles : une femme, quatre enfants, un nourrisson. La femme nous est dépeinte en plein allaitement, ce qui la catégorise dans sa fonction essentielle, et potentiellement émouvante, de mère nourricière.

Tout évoque la grande pauvreté, matérielle d’abord (les loques qui servent d’habits, l’absence de chaussures pour deux des enfants). La misère psychologique se donne aussi à voir par les traits creusés et prématurément vieillis de la mère, l’intimité dévoilée au grand jour (les personnages mangent et dorment en public). Les visages des deux personnages éveillés expriment l’amertume, la douleur et la résignation. Le brun et le gris dominent, comme si aucun rayon de soleil ne pouvait illuminer ces pauvres êtres dont l’existence se déroule à hauteur de trottoir.

Le contraste entre le malheur vécu et ce que proclament les lambeaux d’affiches est saisissant : les slogans imprimés appellent à la fête et à la danse. Ce hiatus rend compte d’une société clivée entre ceux qui profitent et s’amusent et les exclus qui vivent dans la rue. Mais le regard de la mère et de son fils aîné fixe le spectateur, comme pour l’interpeller, peut-être même pour l’interroger sur sa part de responsabilité. En jouant sur les émotions, la peinture devient donc un outil politique de dénonciation des disparités sociales.

 

On comparera utilement le tableau de Caillebotte avec celui de Pelez : dans le premier, l’espace urbain est un lieu lumineux de progrès et d’échange ; dans le second, il est le lieu obscur de la relégation et de la souffrance.

« La flaque de boue et de sang où allait s’effondrer un monde »

 

■ Pierre Puvis de Chavannes, Le Pigeon, 1871 (cahier photos, p. 8)

Relevez les différents symboles qui composent l’allégorie et expliquez-les.

L’allégorie est une figure d’analogie qui consiste à représenter une abstraction ou une idée sous les traits d’un être animé.

Dans cette toile, Puvis de Chavannes peint les rigueurs du siège dans un tableau semi-allégorique. En effet, en arrière-plan, la ville enneigée ne peut être que Paris durant l’hiver 1870-1871, comme en témoigne la présence de lieux typiques (la Seine, le Pont-Neuf, la Conciergerie, la cathédrale Notre-Dame, la Sainte-Chapelle). Mais, au premier plan, le personnage féminin et les deux oiseaux sont purement allégoriques. La stylisation et la simplicité du trait et des couleurs leur donnent une dimension mythique. Le pigeon blanc symbolise la paix, symbole devenu classique à la suite de l’épisode de la Bible où une colombe rapporte à Noé un rameau d’olivier pour lui indiquer la fin du Déluge. Le personnage féminin tient l’oiseau sur son giron, preuve qu’il est animé de sentiments pacifiques. Cette femme représente la France : c’est Marianne attaquée par l’aigle prussien, oiseau noir au bec crochu qui est l’expression du Mal. Le geste qu’elle fait de la main gauche indique qu’elle se défend sans faiblir. Elle n’a pas peur, fixe le rapace, se tient droite face à l’adversité. Elle incarne donc le courage d’un peuple. Le Pigeon est un tableau patriotique.

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