Pierre et Jean

Étonnants classiques

Nom auteur: 

MAUPASSANT

Titre 2: 

Pierre et Jean

EAN: 
9782081311428
Prix: 
3,40 €
Nombre de pages: 
256 pages
Parution: 
15/01/2014
Description: 

Pierre est brun, Jean est blond ; Pierre est l’aîné, Jean le cadet ; Pierre est exalté et colérique, Jean paisible et affable. Une rivalité tacite oppose les frères Roland, fils d’anciens boutiquiers retirés au Havre, où ils mènent une vie paisible rythmée par les parties de pêche. Quand un ancien ami de la famille lègue toute sa fortune au cadet sans rien accorder à l’aîné, Pierre est dévoré de jalousie. En enquêtant sur cet héritage inexplicable, il va mettre en péril l’équilibre de la famille…

Dans ce roman de la maturité, Maupassant transpose le thème universel des frères ennemis dans le milieu de la petite bourgeoisie de province et, d’une plume acérée, dissèque les contradictions et les hypocrisies de l’institution familiale.

Cette édition est préconisée pour l’étude du roman en classe de Seconde (« Le roman et la nouvelle au xixe siècle : réalisme et naturalisme »).

Richement annotée, cette édition reproduit la préface de Maupassant, « Le roman », et la compare à plusieurs préfaces et manifestes sur le réalisme et le naturalisme. Elle étudie également le thème des relations familiales dans le roman des xixe et xxe siècles.

Un cahier photos couleurs de 8 pages servira à l’enseignement de l’Histoire des arts, notamment à travers l’étude du réalisme et de l’impressionnisme en peinture.

Pdf de toute l'etude: 

Lecture de l’image 1 : caricatures d’écrivains réalistes et naturalistes

 

■ Coll-Toc, Le Charivari (2 septembre 1886) et caricature de Maupassant par Rougeron-Vignerot (7 juillet 1888), cahier photos de l’édition, p. 2.

 

1. Cherchez la définition du mot « caricature ». Quel est le but de tels dessins : amuser ou informer ?

Donnant une image déformée de la réalité, la caricature nourrit souvent un double but : amuser le lecteur mais aussi l’informer sur un sujet d’actualité.

2. Renseignez-vous sur Émile Zola, relisez l’extrait du Roman expérimental et expliquez ce qui a amené le dessinateur à affubler l’homme de lettres d’une blouse blanche.

Ici, le dessinateur a revêtu l’écrivain d’une blouse blanche, la tenue des scientifiques et des médecins, puisque Zola, auteur du Roman expérimental, s’est inspiré du médecin Claude Bernard pour établir sa théorie du roman et utilise un lexique médical pour parler de son projet littéraire.

3. Pourquoi Zola tient-il une pancarte sur laquelle est inscrit « y a qu’nous ? » ? Est-il le seul à en avoir une ? Qu’en déduisez-vous sur la situation du roman en 1886 ?

La pancarte de Zola le désigne comme le chef de file du naturalisme. Sa tête disproportionnée, plus grosse que celle des autres écrivains, montre son importance. L’inscription « Y a qu’nous » signifie que les écrivains naturalistes se croient seuls dans la constellation littéraire ; en réalité, la concurrence est rude, car d’autres romanciers (notamment Alexandre Dumas fils, le troisième à droite en partant du bas) brandissent la même pancarte. Ainsi, en 1886, les romanciers de diverses tendances littéraires se disputent la première place.

4. Maupassant regarde-t-il dans la même direction que Zola, Goncourt et Daudet ? Qu’a voulu symboliser le caricaturiste ? Justifiez votre réponse en vous appuyant sur les textes du groupement.

Maupassant ne regarde pas dans la même direction que Zola, Goncourt et Daudet, les trois personnages au premier rang à gauche, que l’auteur considérait comme des maîtres à ses débuts, en 1877. Ayant fait partie un temps du groupe de Médan, comme Huysmans (à droite de l’image et qui détourne lui aussi la tête), l’auteur de « Boule de Suif » s’est détaché du naturalisme zolien : Maupassant est son propre maître.

On indiquera aussi aux élèves la présence, devant Maupassant, de Paul Bourget, représentant du roman psychologique.

5. Observez attentivement puis décrivez avec précision la caricature de Rougeron-Vignerot (sujet, lieu, circonstances). Pourquoi Maupassant est-il représenté en marin ? Appuyez-vous sur la biographie de l’écrivain (voir présentation, p. 5-30, et chronologie, p. 31-41).

Sur une barque qui tangue appelée Boule de Suif, Maupassant, reconnaissable à ses moustaches, est coiffé d’un large chapeau de marin-pêcheur, avec des bottes montantes. Il tente de remonter un filet où se trouvent des femmes de toutes conditions et un énorme poisson à moustaches, dont le nom est inscrit sur son corps : Bel-Ami, alias Georges Duroy, que le dessinateur a malicieusement représenté en maquereau 1. La scène se situe au large du Havre ou de Fécamp, dont on aperçoit au loin le phare et les falaises. Le caricaturiste a croqué Maupassant en marin parce que l’auteur, né près de Fécamp, adorait naviguer, et que l’action de Pierre et Jean, publié en 1888 (six mois avant le dessin), se passe principalement au Havre.

6. Le bateau sur lequel se trouve Maupassant porte le nom d’une de ses héroïnes éponymes. Laquelle ? Faites des recherches sur l’œuvre correspondante et expliquez pourquoi le dessinateur a choisi celle-ci plutôt qu’une autre.

Si le bateau sur lequel se trouve Maupassant s’appelle Boule de Suif, surnom d’Élisabeth Rousset, prostituée rouennaise et héroïne de la nouvelle parue dans le recueil Les Soirées de Médan en 1880, c’est que cette œuvre a fait le succès de Maupassant. De plus, « Boule de Suif » est la première d’une série de nouvelles sur les prostituées, thème cher à Maupassant.

7. Que pêche l’auteur de Pierre et Jean ? Dans quelle mesure peut-on rapprocher le travail du romancier réaliste de celui d’un pêcheur ?

Maupassant pêche les personnages de ses récits. En effet, on peut comparer le travail du romancier réaliste à une forme de pêche : l’écrivain choisit les modèles de ses personnages dans la vie quotidienne, puis fait le tri parmi eux, tout comme le pêcheur sélectionne les poissons.

1. Le terme « maquereau » a deux sens : poisson, mais aussi souteneur, comme Georges Duroy qui vit des femmes.

Lecture de l’image 2 : Pierre et Jean et la parabole de l’enfant prodigue

 

■ James Tissot, L’Enfant prodigue : le départ (1880) et Le Retour de l’enfant prodigue (1862), cahier photos de l’édition, p. 6-7.

 

Comme Pierre et Jean, le tableau de James Tissot, L’Enfant prodigue : le départ, contemporain de Maupassant, est une variation moderne de la parabole du fils prodigue. Tissot a peint plusieurs séries de toiles (certaines consacrées au départ, d’autres au retour) inspirées de cette parabole dans des décors médiévaux ou contemporains.

Une analyse détaillée de la toile montre un drame familial, malgré les coloris chauds et la lumière tamisée qui se reflète sur la table vernie. C’est l’heure du thé. Le salon confortable, où sont rassemblés les parents et leurs deux fils, est éclairé par quatre fenêtres à guillotine donnant sur un port. Le tableau est séparé en deux parties. À droite se tiennent le fils cadet, arrogant et hautain, la main sur un portefeuille, et son père. Derrière le vieillard assis, on distingue un gros coquillage et une frégate miniature exposés sur une étagère. Le père est un ancien armateur ou un passionné de marine, comme Gérôme Roland. À gauche, le fils aîné, l’air absent, accoudé à une fenêtre, regarde les navires et le ciel. Indifférent à la scène, il semble rêvasser ou réfléchir. Il ne prend pas part à la discussion, tout comme sa mère, à sa droite, en train de broder. Elle lève les yeux d’un air gêné ou apeuré. On ne lui demande pas son avis, elle n’a sans doute pas droit à la parole et semble soumise. Témoins muets, le fils aîné et la femme sont relégués au second plan.

Le tableau de Tissot pourrait illustrer la scène où les Roland sont à table pour fêter l’héritage de « Jean le Riche » (p. 112). Jean, le cadet, serait donc l’enfant prodigue, même si c’est Pierre, l’aîné, qui partira, intrus dans sa propre famille.

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