Dom Juan

Étonnants classiques

Nom auteur: 

MOLIÈRE

Titre 2: 

Dom Juan

EAN: 
9782081279124
Prix: 
2,90 €
Nombre de pages: 
160 pages
Parution: 
22/08/2018
Description: 

"Un grand seigneur méchant homme est une terrible chose" - séducteur incorrigible, libre penseur, fils indigne et escroc patenté, Dom Juan a tout du héros redoutable et fascinant, sublime et amoral. La société exige de lui des engagments qu'il refuse de contracter; les autorités le harcèlent pour qu'il se conforme à ses devoirs: quels autres partis s'offrent à lui pour continuer d'y déroger en paix, sinon la dissimulation et la feinte? Insaisissable Protée, personnage énigmatique, Dom Juan n'en finit pas de nous surprendre et la pièce de Molière de nous subjuguer. Des avatars de "Don Juan" à l'époque des Lumières jusqu'aux mises en scène contemporaines de la pièce de Molière, l'édition étudie la postérité du mythe et de l'oeuvre à travers les âges. Elle propose en outre un groupement de textes sur le thème de l'hypocrisie dans les pièces de Molière.

Pdf de toute l'etude: 

Comparer des mises en scène,

cahier photos de l’édition, p. 7.

 

 

Photo 1, en haut à gauche

Sganarelle (Daniel Sorano) et Dom Juan (Jean Vilar) à Avignon (1953).

Photo 2, en haut à droite

Le Commandeur (Enrico Horn) et Dom Juan (Andrzej Seweryn) dans la mise en scène de Jacques Lassalle (1993).

Photo 3, en bas

Philippe Caubère (Dom Juan) dans sa propre mise en scène (1977).

Description du Commandeur

(aspect, costume, regard, taille)

La statue en armure du Commandeur, en marbre blanc, contraste avec les costumes noirs des comédiens.

Le Commandeur est incarné par un comédien au visage couvert d’un épais maquillage couleur bois, portant un costume style Renaissance. Son regard est éteint.

Le Commandeur est représenté par un comédien qui porte un masque figurant un être monstrueux. Il est vêtu à la manière d’un noble et est affublé d’une perruque.

Attitude de Dom Juan

Intrigué, Dom Juan soutient le regard de la statue tandis que Sganarelle, effrayé, pose un genou à terre.

Confortablement assis, les jambes croisées, Dom Juan lève son verre à la santé du Commandeur.

Agenouillé, Dom Juan saisit le Commandeur par la taille comme pour embrasser sa propre mort (symbolisée par le visage du Commandeur).

Qu’a voulu souligner le metteur en scène ?

Dans cette représentation, le convive prend les traits d’une statue grecque glaçante. Le Commandeur cherche à soumettre Dom Juan, ce que cet impie refuse.

Cette mise en scène insiste sur le détachement de Dom Juan face au personnage hors du commun qu’il a invité à dîner.

C’est un Dom Juan résigné qui est ici représenté.

■ Comparer deux tableaux : Dom Juan et la statue du Commandeur (1830), par Fragonard, et Don Giovanni (1977), par André Masson,

cahier photos de l’édition, p. 8

 

1. Comparez les représentations de Fragonard et de Masson (personnages en présence, plan, composition, couleurs).

Dans la peinture de Fragonard : Sganarelle est au premier plan, Dom Juan au second, la statue du commandeur au troisième. La lithographie de Masson présente Don Giovanni au premier plan ; au second plan, Elvire ; au troisième, le Commandeur. On observe dans les deux cas une construction pyramidale. Fragonard pose au sommet de la composition le Commandeur, qui domine le tableau par sa taille gigantesque, tandis que Dom Juan et son valet sont ravalés au bas de la toile. Chez Masson, c’est encore au sommet du triangle que se trouve le Commandeur. Par sa position intermédiaire, Elvire semble assurer une sorte de médiation entre les deux personnages. Sganarelle est quant à lui absent.

Fragonard joue sur un effet de contraste qui lui permet de marquer l’opposition entre le Ciel (coloris clairs en haut du tableau) et l’Enfer (teintes sombres en bas de la toile). Chez Masson, la couleur bleu domine : elle signale le Ciel mais permet aussi, associée à la robe d’Elvire, de traduire le désir qu’a cette dernière de trouver une consolation dans la religion. Le Commandeur est peint en blanc (symbole de la pureté et de son appartenance à l’au-delà) et Don Giovanni en rouge (couleur de la passion et des Enfers).

 

2. Que nous révèlent le jeu des regards et la posture de chacun des personnages ?

Dans les deux œuvres, on observe un échange de regards entre Dom Juan et le Commandeur, qui s’apparente à une forme de duel. En effet, dans le tableau de Fragonard, Sganarelle est à terre, tandis que la lithographie de Masson représente une Elvire fuyante, détournant le regard. Sganarelle et Elvire sont donc exclus de la confrontation singulière entre la mort et celui qui a osé la défier. Chez Fragonard, Dom Juan fixe avec effroi le Commandeur qui l’agrippe d’une main de fer. Ses bras entraînent tout son corps dans une fuite en avant. Chez Masson, le corps de Don Giovanni est représenté de profil, la main nonchalamment posée sur le côté. Il sourit avec arrogance au Commandeur, tout en ne perdant pas de vue sa proie : il reste séducteur, même à l’instant fatal. Quant à Elvire, la contorsion de son corps, à l’opposé du mouvement de sa tête, montre qu’elle est partagée entre son désir pour le séducteur (que vient confirmer la coquetterie de sa robe) et son renoncement.

 

3. En quoi ces deux œuvres proposent-elles une interprétation différente du personnage de Dom Juan ?

Tandis que le Dom Juan de Fragonard est effrayé par l’apparition d’un Commandeur gigantesque et perd contenance à sa venue, le Don Giovanni de Masson l’accueille en toute sérénité et persiste dans son libertinage, jusque dans la mort. Le premier semble regretter de ne pas s’être repenti, le second demeure sceptique et provocateur, rien ne saurait le perturber.

Galerie Photos
Galerie vidéo
Mise en Scéne 1
Galerie vidéo mise en scène 1
Mise en Scène 2
Galerie vidéo mise en scène 2