Poésie et lyrisme

Étonnants classiques

Nom auteur: 

COLLECTIF

Titre 2: 

Poésie et lyrisme

Nouveaux programmes
EAN: 
9782081314818
Prix: 
3,70 €
Nombre de pages: 
128 pages
Description: 

Qu'appelle-t-on " poésie lyrique " ? Une œuvre destinée à être accompagnée d'une lyre ? Une forme subjective et personnelle où les sentiments intimes du poète sont exacerbés ? De l'Antiquité jusqu'à nos jours, la poésie lyrique a recouvert des réalités différentes : la musicalité, peu à peu prise en charge par les mots, a été reléguée au second plan par l'expression d'un moi omniprésent, elle-même sévèrement critiquée après l'âge romantique. Une certitude : le lyrisme est bien vivant aujourd'hui, il constitue même l'une des tendances les plus importantes de la production poétique contemporaine...

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Lecture de l’image 1

 

■ Frontispice des Contemplations de Victor Hugo par Louis Boulanger,
eau-forte d’Alexandre de Bar pour « Le Lac » d’Alphonse de Lamartine, 1860, et Caspar David Friedrich,
Le Voyageur au-dessus d’une mer de nuages, 1818, cahier photos de l’édition, p. 6-7.

 

1. Comment sont représentés Victor Hugo et son inspiration poétique ? Quels éléments de cette représentation évoquent le registre lyrique ?

Victor Hugo est représenté assis à même les rochers, le visage penché vers le sol et le regard dans le vague. Il paraît très attristé, pleurant la mort tragique de sa fille, que l’on voit portée par des anges dans les nuages. En costume sombre de deuil, il est en position de recueillement. En arrière-plan, on distingue le soleil se couchant sur la mer. Les éléments de la nature semblent participer de la méditation du poète en reflétant ses souffrances (plage déserte, soleil déclinant) tout en lui apportant une consolation (apparition fantasmagorique de sa fille). Ses sentiments lui inspirent une poésie personnelle et autobiographique : la vision de sa fille disparue rejoint les traditionnelles allégories de la Poésie.

2. Comparez cette représentation du poète avec le tableau de Caspar David Friedrich.

Sur les deux images, on retrouve un homme perdu au milieu d’un paysage naturel, dans une sorte de recueillement. Un homme (Hugo, le voyageur) admire en rêvant la grandeur infinie du spectacle de la nature (la mer, la montagne, le soleil, les nuages) face à laquelle il paraît si petit et si seul. Les deux hommes sont représentés avec des couleurs sombres, qui contrastent avec un arrière-plan plus lumineux. Ce jeu de couleurs accentue les sentiments d’isolement et d’abandon qui semblent traverser les personnages.

3. D’après les images de cette double page, que peut-on en déduire quant à la place de la nature dans la poésie lyrique ?

La nature semble à la fois une source d’inspiration et de consolation. Hugo comme Lamartine se fondent dans le paysage avec lequel ils font corps. La nature absorbe et reflète leur moi tout en atténuant leurs souffrances par le spectacle de l’immensité et de la beauté du monde. La nature est un témoin qui exalte les sentiments heureux ou malheureux du poète. Elle participe à leur expression, comme le montrent les vers de Lamartine. De même, on peut se représenter l’homme face à la mer de nuages s’exaltant face à la splendeur d’une telle découverte.

Lecture de l’image 2

 

■ Portrait-charge de Vigny dans Miroir drôlatique de Lorentz, 1842, et Félix Henri Bracquemond, projet de frontispice pour Les Fleurs du mal de Charles Baudelaire, cahier photos de l’édition, p. 8.

 

1. D’après la caricature du poète romantique Alfred de Vigny, précisez quels reproches sont adressés à la poésie lyrique. Comparez cette représentation du poète lyrique avec la caricature de Victor Hugo, p. 96.

La caricature de Vigny représente le poète avec une tête démesurément grande, ornée d’une prestigieuse couronne royale. Comme la caricature de Victor Hugo, p. 96, cette représentation entend dénoncer l’égocentrisme des poètes romantiques, accusés de s’épancher sans retenue, s’octroyant une sorte de toute-puissance orgueilleuse et dominatrice. Sur ce dessin, Vigny prend le dos d’un serviteur pour écritoire, pendant que deux autres valets tiennent son encrier et son repose-plume. Hugo et Vigny font ainsi l’objet d’une même critique : le monde devrait se plier sous leur talent.

 

2. Observez le frontispice des Fleurs du mal de Baudelaire. Retrouve-t-on certains éléments du lyrisme traditionnel ? Quels sont les nouveaux thèmes que met en exergue ce lyrisme de la modernité ?

Le frontispice des Fleurs du mal représente un squelette orné de fleurs aux gestes maniérés. Il ressemble aux allégories traditionnelles de la Poésie ou aux muses, dont il contrefait ironiquement la grâce. En particulier, la présence de fleurs rappelle les représentations du lyrisme dans sa complicité avec la nature. Mais les codes traditionnels du genre poétique sont subvertis : les fleurs sont des fleurs du mal, des chardons aux épines acérées. En outre, la présence et l’attitude du squelette semblent railler le lyrisme classique. Pour ce lyrisme d’un genre nouveau, il n’est plus question d’épanchement sentimental tendre, mais de proposer de nouvelles valeurs esthétiques délibérément dérangeantes, telles que la laideur ou la décrépitude du corps dans la mort.

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