Les Misérables

Étonnants classiques

Nom auteur: 

HUGO

Titre 2: 

Les Misérables

Nouveaux programmes
EAN: 
9782081295605
Prix: 
3,50 €
Nombre de pages: 
288 pages
Parution: 
27/03/2013
Description: 

« Il y a dans notre civilisation des heures redoutables ; ce sont les moments où la pénalité prononce un naufrage », écrit Victor Hugo au sujet de Jean Valjean. Acculé par la pauvreté, l’homme vole un pain pour nourrir les siens et passe dix-neuf ans au bagne ! À sa sortie, rejeté de tous, haineux envers la société, il n’a qu’une issue : retomber dans le crime. Mais une rencontre providentielle l’en détourne.

Jean Valjean pourra-t-il trouver le salut espéré ? Traqué sans relâche par le policier Javert, parviendra-t-il à échapper à son passé ? Mêlant roman à suspens, récit historique, épopée et critique social, Victor Hugo dessine avec ce chef-d’œuvre le chemin de croix d’une « humanité souffrante » qui, de « misérable », devient « sublime ».

 

Proposition de lecture cursive, en lien avec ce texte : Autobiographie d’une Courgette, de Gilles Paris

Extrait Eden: 
Pdf de toute l'etude: 

LES MISÉRABLES

Le personnage de Gavroche

■ Gavroche à onze ans, dessin de Victor Hugo (1850), cahier photos de l’édition, p. 4.

1. Comment sont représentés les cheveux du garçon ? Selon vous, pour quelle raison ?

Les cheveux de Gavroche sont représentés avec un volume de boucles important. Mais ces boucles ne sont pas bien coiffées : elles sont libres et folles, à l’image de celui qui les porte, et symbolisent sa marginalité et son anticonformisme.

2. Pourquoi sa bouche est-elle ainsi ouverte ?

La bouche ouverte accentue le sourire qui est dessiné sur le visage de Gavroche ; elle renvoie aussi incontestablement à la chanson qu’il fredonne durant la scène qui précède sa mort. On peut encore voir dans cette bouche ouverte une évocation du rire de Gavroche, symbole de la légèreté et de l’insouciance du personnage malgré la menace qui plane sur lui. Il est une provocation pour les gardes nationaux qui le visent et un défi à la misère et à la mort.

3. Quels aspects du caractère de Gavroche sont représentés par Hugo ?

Hugo met l’accent sur l’énergie et la joie de vivre du personnage, ainsi que sur son caractère provocateur.

Le personnage de Cosette

■ Cosette, illustration d’Émile Antoine Bayard (1862), cahier photos de l’édition, p. 3.

 

 

Le personnage de Cosette

1. Comment Cosette est-elle habillée ?

Cosette se tient debout, les pieds nus dans les flaques d’eau, et elle est vêtue de haillons ; le long jupon et le corsage déchirés qu’elle porte ne paraissent pas ceux d’une petite fille mais d’une femme.

2. Dans quel état sont ses vêtements ?

Ses habits semblent trop grands pour elle et mal adaptés à son âge comme à sa fonction. Si l’on ajoute son épaule dénudée, on peut s’interroger sur le sens de cette tenue : porte-t-elle des vêtements récupérés ? Les déchirures sont-elles un signe d’usure ou sont-elles la conséquence de mauvais traitements infligés à l’enfant ? L’érotisation de la figure évoquerait-elle la prostitution enfantine ?

3. Quels sentiments exprime son visage ?

Par contraste avec ces vêtements, tout dans ce visage évoque la candeur : la frange enfantine, la chevelure négligée, le chapeau trop petit qui renforce la rondeur et la douceur du visage. Enfin, le regard vide semble à la fois innocent et craintif ; il trahit la solitude et la souffrance de la fillette.

Le décor

1. Décrivez avec précision les éléments du décor.

Cosette est représentée dans un décor urbain, devant une maison ou dans une cour : deux marches à gauche conduisent à une porte de bois qui semble ouverte et, à droite, on aperçoit le bas d’une fenêtre protégée de barreaux. De l’eau s’écoule d’une gouttière, et l’enfant a les pieds dans l’eau. Ce décor est froid, vide, presque inquiétant.

2. Quel est l’effet produit par la porte fermée et la présence de barreaux aux fenêtres ?

La porte close et les grilles à la fenêtre soulignent l’enfermement de la fillette. Mais il s’agit d’un emprisonnement paradoxal, puisqu’elle est dehors ! Elle se trouve ainsi à la rue, abandonnée à sa solitude et menacée par une éventuelle mauvaise rencontre.

La composition

1. Quelle position Cosette occupe-t-elle dans le décor ?

Cosette est seule, au centre de la composition.

2. Analysez les proportions des éléments du décor (les marches, le seau, le balai) : que soulignent-elles ?

Les deux seuls accessoires placés dans le cadre de la composition sont un balai et un seau. Or, l’un comme l’autre sont disproportionnés par rapport à l’enfant. Le balai est deux fois plus grand qu’elle et le seau semble trop imposant pour qu’elle puisse le porter. (On se souvient de la scène de la rencontre entre Cosette et Jean Valjean, où la fillette peine à rapporter son seau d’eau à l’auberge.) Même les marches à gauche de la composition semblent trop grandes pour ses petites et frêles jambes.

Approfondissement

Dans le cahier photos, on observera les différentes affiches qui ont illustré les adaptations des Misérables au fil du temps : on demandera aux élèves de déterminer quelle est l’influence de la gravure de Bayard dans la constitution du « mythe » de Cosette.

La Liberté guidant le peuple

■ Eugène Delacroix, La Liberté guidant le peuple (1830), cahier photos de l’édition, p. 6.

Introduction

1. Présentez l’œuvre, en indiquant le nom de l’artiste, le titre de l’œuvre et sa date de création.

Le thème de ce tableau est celui de la barricade et représente les événements du 28 juillet 1830.

2. Le tableau représente des événements historiques précis. Rappelez-les brièvement.

Rappel : le 26 juillet, Charles X suspend la liberté de la presse, dissout la Chambre des députés et annule les élections, ce qui provoque trois journées d’émeutes : les « Trois Glorieuses ». Le 28 juillet, l’armée prend d’assaut les barricades, mais les émeutiers sont victorieux. Le 29 juillet, le duc d’Orléans est rappelé ; La Fayette le reçoit à l’Hôtel de Ville et l’embrasse sous le drapeau tricolore. Il devient Louis-Philippe Ier, roi des Français. En juillet 1830, Delacroix assiste aux combats et participe à la protection du musée du Louvre ; il a trente ans.

Description

1. Vers quel personnage converge la composition ? Décrivez-le : comment est-il vêtu ? Que porte-t-il sur la tête et à la main ?

Au centre de cette composition, on identifie une femme du peuple à la tenue débraillée, laissant apparaître ses seins. Elle tient un fusil dans la main gauche et un drapeau tricolore au bout d’une hampe dans la main droite ; elle franchit une barricade. Elle est coiffée du bonnet phrygien, emblème de liberté car il s’apparente au pileus romain des esclaves affranchis, et qui depuis 1790 symbolise le civisme, et plus largement la Révolution française.

2. Quels autres personnages sont représentés ? Décrivez chacun d’eux : comment sont-ils vêtus ? Que tiennent-ils à la main ? Qu’exprime leur visage ?

Le personnage féminin central est suivi par cinq personnages armés :

– deux enfants, un à gauche avec à la main un fleuret et un pavé, un à droite portant des pistolets et sur la tête la faluche, couvre-chef des étudiants du quartier Latin ;

– trois hommes : un manufacturier portant un béret orné d’une cocarde et un sabre à la main ; un homme au chapeau haut-de-forme mais dont le pantalon désigne un artisan, armé d’un fusil de chasse à double canon ; le dernier homme, blessé, porte la tenue des paysans venus dans la capitale pour travailler dans le bâtiment.

Nous avons là un condensé allégorique de cette insurrection populaire : pas de bourgeois ici, à part le polytechnicien au tricorne au troisième plan. Les visages, tendus, expriment une détermination dénuée de violence ou de cruauté. Ils sont représentés avec un souci de réalisme, sans embellissement particulier.

3. Que représente l’arrière-plan à gauche de la composition ?

À l’arrière-plan, on aperçoit une foule immense.

4. Que représente l’arrière-plan à droite ?

Au loin, un détachement de la garde royale tire sur la foule. De la fumée s’élève de ce champ de bataille. Delacroix représente les tours de Notre-Dame, sur lesquelles flotte le drapeau tricolore, et non l’Hôtel de Ville, contrairement aux événements historiques évoqués en introduction. Son ami Victor Hugo est en train d’écrire Notre-Dame de Paris ; pour le peintre comme pour le romancier, la cathédrale est le symbole du peuple, de sa révolte, de sa spontanéité.

5. Comment et de quoi est composé le premier plan du tableau ?

Au premier plan, la barricade est peu élevée ; elle est composée de pavés et de madriers. L’attention se porte sur les trois cadavres, dont deux d’hommes de la garde royale. Le troisième combattant s’est fait voler son pantalon.

Interprétation

1. Quelle est l’impression produite par le décor du premier plan ? et par celui de l’arrière-plan ?

Le premier plan est le plus dramatique, celui aussi où les détails sont les plus précis. L’arrière est plus estompé, pour renforcer l’effet de profondeur.

La fumée qui se dégage de l’arrière-plan contribue à la dramatisation générale : on se bat, des hommes meurent, mais la ville elle-même est menacée.

On notera le contraste entre la zone éclairée (en haut à droite) et la zone obscure (en bas à gauche), renforcé par le jeu de couleurs : le bleu et le rouge sont peints sur un fond qui leur est complémentaire. Le ciel lui-même est en bleu, blanc et rouge. Ces trois couleurs se retrouvent de manière récurrente dans la toile : le drapeau bleu-blanc-rouge est au centre de ces journées insurrectionnelles. Dressé au-dessus des combats, il va devenir un motif récurrent de la peinture patriotique.

2. Quelle atmosphère le peintre donne-t-il à son tableau ?

Delacroix insiste sur la brutalité des combats et le sort des vaincus : les cadavres font partie de la barricade et sont foulés aux pieds par les vainqueurs. La composition forme un triangle, souligné par le bras levé de la Liberté : c’est le drapeau qui en constitue le centre. La succession des lignes obliques contribue au rythme saccadé. Cette composition en triangle s’inspire de celle du Radeau de la Méduse de Géricault. C’est à lui aussi qu’il emprunte la violence macabre et le corps dénudé du premier plan.

3. Que symbolise la jeune femme portant le drapeau ?

Cette jeune femme du peuple symbolise, comme l’indique le titre du tableau, la Liberté.

4.À quel personnage des Misérables vous fait penser le jeune garçon aux pistolets ? (Delacroix est un ami de Victor Hugo qui, quinze ans après la réalisation de cette toile, travaille aux premières versions des Misérables).

On a souvent fait le parallèle entre l’enfant de droite et le personnage des Misérables, Gavroche, qui meurt sur les barricades (voir parcours de lecture n4, p. 259-261).

Pour aller plus loin

1. Qu’est-ce qu’une allégorie en peinture et en littérature ? Cherchez-en des exemples classiques. En quoi Delacroix prend-il des libertés par rapport à l’allégorie traditionnelle ?

Delacroix s’inspire d’une tradition picturale ancienne : l’allégorie. Celle-ci consiste à représenter une idée abstraite ou une notion morale par le biais d’une image ou d’un récit. La figure de la femme protectrice et guerrière est classiquement la déesse Athéna. Ici, elle est guerrière mais dénudée, donc objet de séduction érotique au-dessus du charnier. L’érotisme est toujours lié à la mort chez Delacroix.

On a donc un sujet moderne et historique, mais beaucoup de symboles aussi : cette toile allie tradition et modernité. Elle donne naissance à une nouvelle esthétique, reposant sur un jeu d’oppositions (qui s’appuie ici sur le contraste entre les morts sacrifiés et les vivants triomphants).

2. Les contemporains de Delacroix ont reproché à ce tableau son réalisme (laideur des visages, nudité de la Liberté…) : imaginez la réponse que Delacroix pourrait leur opposer.

Les contemporains de Delacroix déplorent le détournement de la peinture d’histoire (considérée au xixe siècle comme le genre le plus noble) et jugent de mauvais goût le motif de l’allégorie. On peut néanmoins expliquer cette dernière de différentes façons :

– par le contexte historique d’abord. En 1820, la Grèce se soulève contre l’occupation turque. Les romantiques s’emparent de ce sujet, que Delacroix illustre avec Scène des massacres de Scio (1824). Dans cette optique, le peintre a beaucoup dessiné et s’est inspiré de la statuaire grecque, en particulier de ses drapés. Dans ses carnets comme dans son imaginaire, les émeutes parisiennes et la révolte grecque se mélangent : la Liberté, avec sa tenue drapée, s’inspire de ces modèles grecs ;

– par un souci de réalisme : l’histoire peinte par Delacroix n’est pas une histoire officielle, relevant d’une hagiographie, mais une histoire faite par des hommes du peuple, embellis par la sincérité de leur engagement, par leur sens du sacrifice pour une cause qui les dépasse, et non par quelque artifice pictural.

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