Clone of Germinal

Étonnants classiques

Nom auteur: 

ZOLA (Émile)

Titre 2: 

Germinal

Nouveaux programmes
EAN: 
9782081427587
Prix: 
3,50 €
Nombre de pages: 
256 pages
Parution: 
28/03/2018
Description: 

Au xixe siècle, refusant de subir plus longtemps leurs conditions de travail et d'existences épouvantables, les mineurs du Nord se mettent en grève : c'est le début d'une douloureuse épopée moderne. Engagés dans une lutte féroce pour leur survie, c'est à l'Histoire que ces ouvriers se heurtent : la révolution industrielle, l'« état social » dominé par la bourgeoisie, le fanatisme des premiers anarchistes...

Cette révolte désespérée permettra-t-elle d'ébranler l'ordre établi ?


Le dossier propose des exercices pour étudier en détail l'écriture de Zola et repérer les procédés de style qui font la force de Germinal. Il permet de situer le roman dans son contexte historique et social et de s'initier à l'univers de la mine.

■ Édouard Manet, Émile Zola, 1868, cahier photos de l’édition, p. 1.

1. Présentez l’œuvre (en rappelant son titre, sa date de réalisation, la technique employée et le lieu de conservation), ainsi que son auteur en quelques lignes.

Il s’agit d’un portrait d’Émile Zola peint par Édouard Manet en 1868. Cette huile sur toile mesurant 146,5 x 144 cm est conservée au musée d’Orsay, à Paris.

L’œuvre d’Édouard Manet (1832-1883) s’inscrit dans une transition entre le réalisme et l’impressionnisme. Manet fut l’élève du peintre d’histoire Thomas Couture. Certaines de ses œuvres ont fait scandale : Le Déjeuner sur l’herbe, présentée au Salon des refusés de 1863, et Olympia, présentée au Salon officiel de 1865. Le peintre est défendu par Émile Zola qui prend fait et cause pour son art dès 1866 dans de nombreux articles.

 

2. Décrivez précisément le tableau de Manet : qui est représenté ? dans quelle attitude ? dans quel cadre ? En vous aidant des informations disponibles sur le site du musée d’Orsay, identifiez les œuvres d’art qui l’entourent.

Le tableau représente Émile Zola. S’il est assis de profil, son visage est peint de trois-quarts. Il paraît occupé à lire un volume qu’il tient ouvert dans sa main gauche, bien qu’il regarde devant lui, l’air pensif. Face à lui se trouve une table de travail encombrée d’ouvrages, de papiers divers, d’une plume et d’un encrier. À l’arrière-plan, on peut distinguer un bout de paravent de style japonais à gauche et plusieurs œuvres picturales en haut à droite.

La composition du tableau, assez simple, est en pyramide. Au centre de la toile se trouve le livre que tient Zola ; ce choix permet au peintre d’insister sur le statut d’homme de lettres de son sujet. L’ensemble est assez sombre : Zola est très brun, il est revêtu d’une veste noire et le fond de la pièce est dans des teintes sombres. Ces tonalités foncées permettent de faire ressortir le visage pâle de l’écrivain, le livre ouvert dans ses mains, les papiers sur sa table de travail et les tableaux situés en arrière-plan. Parmi ces derniers, on reconnaît l’Olympia de Manet, que Zola considérait comme le chef-d’œuvre du peintre, et dont le personnage tourne ici malicieusement la tête pour regarder l’écrivain. L’allusion est claire : c’est en défendant le peintre, attaqué notamment lors du salon de 1865 pour son Olympia, que Zola a fait sa connaissance et qu’ils sont devenus amis. Il s’agit donc d’un rappel des circonstances de leur rencontre.

Derrière la reproduction du tableau de Manet, on peut distinguer une gravure effectuée d’après le Bacchus de Velázquez. On peut y voir une volonté de l’artiste de rappeler le goût qu’il partage avec l’écrivain pour l’art espagnol.

Enfin, on reconnaît une célèbre estampe japonaise d’Utagawa Kuniaki représentant un lutteur. Sa présence souligne l’importance de l’art d’Extrême-Orient dans l’avènement de la peinture nouvelle, tant dans la conception de la perspective que dans celle de la couleur. Le bout de paravent japonais placé à gauche en arrière-plan en est un rappel.

 

3. Quelle est l’originalité de ce portrait ? Sur quels aspects de son personnage le peintre a-t-il choisi d’insister ?

Ce portrait insiste sur les deux aspects qui intéressent Manet dans son sujet : d’une part, l’homme de lettres et d’autre part, l’amateur de peinture. Il met ainsi en avant le goût et l’expertise de Zola : l’homme de lettres est représenté en critique d’art averti.

Ainsi, plus que le Zola écrivain, c’est bien le Zola critique de peinture, homme d’art et de plume, que Manet représente ici dans son portrait.

■ Alfred Roll, Grève des mineurs, 1880, cahier photos de l’édition, p. 4.

1. Présentez l’œuvre (en rappelant son titre, sa date de réalisation et la technique employée), ainsi que son auteur en quelques lignes.

Il s’agit d’une reproduction du tableau d’Alfred Roll intitulé Grève des mineurs, qui date de 1880. À l’origine, le tableau est une huile sur toile mesurant 228 x 180 cm.

Alfred Roll a étudié à l’école des Beaux-Arts de Paris et a commencé sa carrière en développant un style plutôt romantique. Influencé par Gustave Courbet, il devient peu à peu naturaliste. Malgré la surprise des critiques, Grève des mineurs obtient un grand succès. Devenu l’un des peintres officiels de la IIIe République, il reçoit de nombreuses commandes d’État et est fait chevalier de la Légion d’honneur en 1883.

 

2. Décrivez précisément le tableau de Roll. Quel sentiment inspire-t-il ?

Le tableau de Roll est une scène de foule qui se déroule en extérieur. Elle représente un attroupement de familles de mineurs, pendant une grève, comme l’indique le titre. L’un des grévistes est arrêté par les gendarmes à droite de la toile ; cachée par l’un des chevaux, l’arrestation est peu visible. À côté de l’homme arrêté, se trouve une femme assise, tenant un enfant dans ses bras ; elle regarde devant elle, semblant fixer le spectateur. Au centre du tableau, un enfant de dos s’accroche à la femme assise et à l’homme qui lui fait face. L’enfant ne semble pas comprendre ce qui se passe. À gauche du groupe de mineurs, un homme de dos brandit un projectile – probablement un morceau de charbon – qu’il menace de lancer sur les gendarmes à droite, mais il est arrêté par une femme qui retient son geste en saisissant son habit. En arrière-plan, on peut apercevoir une cheminée, un bâtiment et une construction en bois qui achèvent de poser le décor. Enfin, au premier plan, un homme assis, dans une position pensive, légèrement voûté, un bras pendant entre les jambes et la tête sur la main, regarde le spectateur d’un œil perçant, comme s’il voulait le prendre à témoin de la scène en train de se dérouler.

La composition de la scène est sans grande profondeur : le tableau est saturé par la foule, dont peu de choses se distinguent, si ce n’est l’un des gendarmes resté à cheval. Les couleurs sont mornes et ternes, voire grisâtres, dans un souci de réalisme – il s’agit de représenter le pays noir – et dans le but de donner une tonalité triste et sombre au tableau. La couleur brun soutenu de la croupe du cheval ou la chevelure blonde de l’enfant ne parviennent pas à rehausser l’ensemble.

Tout concourt pour inspirer un sentiment de découragement et de défaite.

 

3. En quoi ce tableau est-il réaliste ?

Ce tableau est réaliste dans son sujet et dans son traitement. D’une part, le sujet choisi est celui de la mine et des mouvements sociaux qui ont pu agiter le monde ouvrier, notamment les mineurs, dans les années 1878-1880. Il s’agit donc d’une représentation fidèle de la société et de l’une des classes sociales les moins représentées en peinture –  les ouvriers. D’autre part, le traitement du sujet est naturaliste. Les couleurs rendent l’aspect terne et sale des pays miniers ; les personnages ne sont pas idéalisés mais peints de manière réaliste, dans leur misère et la laideur de leur mise.

 

4. Comparez le tableau de Roll avec l’affiche du film Germinal de Claude Berri et son photogramme (p. 2 de couverture). Quels éléments ces représentations ont-elles en commun ? En quoi l’impression créée est-elle toutefois différente ?

Le tableau et l’affiche de Germinal de Claude Berri choisissent tous les deux pour sujet la grève et donnent à voir sa dimension collective, puisqu’il s’agit de représentations de foule. L’idée d’un conflit entre mineurs et forces de l’ordre est rendue sensible avec, dans le tableau, le mineur révolté qui s’apprête à lancer un projectile sur les gendarmes et, sur la photographie, avec Maheu présentant sa poitrine aux fusils des soldats.

Toutefois, si le tableau de Roll s’attache à représenter le découragement des mineurs devant l’inéluctable échec de leur mouvement, l’affiche du film de Berri insiste bien davantage sur la révolte et sur la colère de la foule.

■ Affiches des adaptations cinématographiques de Germinal,
p. 2 et 3 de couverture.

1. Décrivez précisément les affiches des films d’Albert Capellani et d’Yves Allégret.

L’affiche du film de Capellani représente un homme de face, les cheveux en bataille, les yeux exorbités et les muscles saillants, qui tient le corps d’une jeune fille squelettique et inanimée, dont les mains se crispent sur la poitrine. Devant l’homme, un cadavre flotte sur l’eau. En arrière-plan, une lampe de mineur et une poutre laissent comprendre au spectateur que la scène se déroule au fond d’une mine. Sa tonalité tragique, voire horrifique, tient d’abord aux couleurs, globalement sombres et bleutées, qui rendent sensible la pâleur cadavérique des personnages et mettent en valeur le titre rouge sang du film et sa filiation avec l’œuvre de Zola. Plus encore, la posture outrée des personnages et l’expression d’horreur qui se lit sur le visage de l’homme, confèrent à l’illustration une tonalité grand-guignolesque.

À l’inverse, l’affiche du film d’Allégret est beaucoup plus sobre et possède une connotation romanesque. Elle ne représente pas une scène à proprement parler : elle s’ingénie à mettre en valeur les personnages. En effet, au premier plan se trouve un couple de très beaux jeunes gens. À gauche, l’homme est habillé de noir, il porte une casquette et son visage est orné d’une fine et élégante moustache. Il tient dans ses bras une jeune fille, vêtue d’une longue robe rose et dont la longue chevelure blonde tombe en cascade sur ses reins. Ils sont tous deux tournés vers le spectateur et semblent le regarder. Derrière eux, avec un effet de fondu, on identifie une foule ouvrière à droite, un ouvrier au foulard rouge au milieu et quatre personnages, à gauche, dont on distingue bien les traits. Deux de ces derniers, en haut, semblent appartenir à la bourgeoisie.

 

2. À quels moments du roman les affiches des films de Capellani, d’Allégret et de Berri (p. 2 de couverture) font-elles référence ?

L’affiche de Capellani fait référence au dénouement au fond de la mine et à la mort de Catherine, ce qui explique sa tonalité sombre et tragique. L’affiche du film d’Allégret est beaucoup plus claire et plus romanesque : elle met en valeur le couple formé par Étienne (identifiable par son fin visage et sa jolie moustache brune mentionnés dans l’œuvre de Zola), et Catherine. Peut-être fait-elle référence au chapitre ii de la septième partie. Quant à l’affiche du film de Berri, elle figure la grève et les violences signalées dans la deuxième moitié du roman.

 

3. Sur quels aspects du roman ces différentes affiches insistent-elles ? En quoi leur confrontation souligne-t-elle la richesse du roman de Zola ?

Capellani semble insister sur la tragédie et l’horreur que constitue la fin du roman. Allégret paraît mettre au centre de son film la relation amoureuse entre Catherine et Étienne, ici idéalisés. Enfin, Berri privilégie la représentation du mouvement social de la grève et la colère des mineurs.

Ces trois affiches mettent en lumière la richesse de l’œuvre de Zola qui possède en effet une dimension romanesque (à travers l’histoire d’amour de Catherine et Étienne), une dimension sociale (à travers la dénonciation des conditions de vie et de travail des mineurs) et une dimension tragique (liée à l’hérédité et au milieu social qui détermine le destin des êtres humains dans l’œuvre de l’écrivain).

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