Parure et autres scènes de la vie parisienne (La)

Étonnants classiques

Nom auteur: 

Maupassant

Titre 2: 

Parure et autres scènes de la vie parisienne (La)

Nouveaux programmes
EAN: 
9782081444843
Prix: 
2,80 €
Nombre de pages: 
96 pages
Description: 

Cinq récits ayant pour décor un Paris au charme douteux et pour cadre le coeur humain avec ses aspirations, ses bassesses, ses mensonges, ses ruses et ses petites joies. Dans ce délicieux recueil de nouvelles, Maupassant se fait une fois encore le peintre impitoyable des choses, des hommes... et des femmes. Le dossier propose des exercices pour analyser la finesse et l'ironie du ton de Maupassant. Il présente un groupement de textes (La Vie de Paris de Frébault, Ferragus de Balzac, La Curée de Zola) pour étudier les représentations de Paris dans la littérature du xixe siècle.

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Lecture de l’image 1 : Guy de Maupassant

 

■ Couverture du numéro des Hommes d’aujourd’hui consacré à Guy de Maupassant en 1885, illustration de Coll-Toc (cahier photos, p. 1)


1. Quel attribut de l’écrivain est représenté dans le dessin ? Quelle qualité met-il en valeur ? Comment est suggérée la fécondité de son talent ?

Le dessin de Coll-Toc met en valeur la plume de l’écrivain, accrochée à la ceinture de Maupassant, pointe en l’air, telle une sorte d’épée à son flanc. Elle est l’allégorie de l’écriture et le symbole du travail de l’écrivain. Outre ce symbole, les dessinateurs ont mis en relief l’ampleur et la variété de l’œuvre de Maupassant : sur les deux piles de volumes qu’il tient à bout de bras, on peut lire le titre d’un récit de voyage, « Au soleil » (1884), ceux de nouvelles célèbres, « Boule de Suif » (1879), « La Maison Tellier » (1888), « Mademoiselle Fifi » (1882), ceux de recueils de nouvelles comme Les Sœurs Rondoli (1884), Contes de la Bécasse (1883), et celui d’un recueil de poésies, Des vers (1880) et celui d’un roman, Une vie (1883). Ainsi, dès la couverture, la biographie illustrée des Hommes d’aujourd’hui souligne la multiplicité des talents de Maupassant, romancier, nouvelliste, poète et essayiste à ses heures.

2. Sur quoi les dessinateurs ont-ils symboliquement assis l’écrivain ? Quel est le lien entre Maupassant et les deux auteurs mentionnés ?

Dans le dessin, l’écrivain est juché sur deux volumes accolés qui forment une monture. La tranche des deux volumes désigne leurs auteurs, Gustave Flaubert (1821-1880) et Honoré de Balzac (1799-1850). L’auteur de « La Parure » est personnellement lié au premier : Flaubert est un ami de la mère de Maupassant et servira de mentor au jeune homme au début de sa carrière littéraire. Outre ce lien affectif, Maupassant et ces deux écrivains partagent une même vision de la littérature : selon eux, elle doit être réaliste. Représenter Maupassant assis sur les œuvres de Flaubert et Balzac montre tout ce que l’auteur doit à ces deux écrivains en termes de style et d’esthétique.

3. Montrez que les dessinateurs utilisent les procédés de la caricature. Selon vous, est-ce un portrait critique ou élogieux ?

Une caricature est une représentation révélant des aspects risibles d’un sujet ou d’une situation, en en accentuant des caractères ou des détails choisis. Ses trois fonctions de base sont : exagérer, défigurer, accuser. Elle vise donc à mettre en évidence divers caractères physiques ou moraux de personnages et à toucher efficacement ses spectateurs grâce à la rapidité d’exécution du trait et à sa force de simplification.

Le dessin de Coll-Toc s’éloigne de cette stricte définition : la métamorphose naît de la disproportion du corps par rapport à sa tête. Pour le reste des traits physiques, le portrait est fidèle aux clichés que nous possédons de Maupassant. Le comique de l’image peut provenir de la situation improbable et un peu ridicule de l’écrivain à califourchon sur les volumes de ses deux maîtres, portant en équilibre des piles de livres. Cependant, les dessinateurs ne semblent pas faire de ce portrait une charge, en accentuant un quelconque défaut ; au contraire, le dessin met en valeur le talent prolifique de cet écrivain à succès.

Lecture de l’image 2 : Paris à l’époque de Maupassant, la métamorphose de la ville


■ Gustave Caillebotte, Rue de Paris ; temps de pluie, 1877 (cahier photos, p. 6)

1. Ce tableau fut remarqué à l’Exposition de 1877 par sa taille exceptionnelle (212 × 276 cm) : selon vous, quel effet ces dimensions créent-elles chez le spectateur ?

La taille exceptionnelle de cette toile crée un effet de réel. En effet, le tableau est quasiment grandeur nature et les personnages ainsi représentés paraissent au spectateur plus proches et plus vrais ; ce dernier peut se sentir intégré au tableau, comme un passant parmi d’autres.

2. Quelles caractéristiques du Paris haussmannien Caillebotte met-il en valeur dans son tableau ?

Dans cette toile, Caillebotte peint un paysage urbain caractéristique du Paris haussmannien, fruit des travaux colossaux engagés par le préfet de Paris. Au milieu du tableau, un échafaudage accroché à une façade témoigne encore de cette phase de construction. Le peintre donne à voir tout ce qui vise à faciliter la circulation des voitures et des passants (les chaussées larges, au pavage régulier, le vaste carrefour en étoile, les trottoirs bitumés et surélevés par rapport au caniveau, et l’éclairage public) mais aussi à développer l’activité économique (les boutiques en rez-de-chaussée des immeubles) et à améliorer les conditions de vie (les rangées d’immeubles aux façades harmonieuses et régulières, où habite une population bourgeoise).

3. La vision de la ville est-elle néanmoins seulement positive ? Soyez attentif aux couleurs qui dominent et aux attitudes des personnages.

Malgré la propreté, l’ordre sécurisant et l’élégance harmonieuse qui règnent dans ce carrefour haussmannien, Caillebotte donne une vision plutôt négative de la ville. Les tons froids, la palette restreinte des couleurs, l’omniprésence des parapluies qui masquent les visages, l’impression de solitude qui se dégage des silhouettes ainsi que le vide qui domine dans la partie gauche du tableau, donnent de ce nouveau Paris une image assez peu engageante.

Lecture de l’image 3 : images de la Parisienne


■ Honoré Daumier, La Blanchisseuse, v. 1863 (cahier photos, p. 8)

1. Que nous dit le peintre du travail de cette femme ? Quels détails permettent de répondre ?

Honoré Daumier peint ici une blanchisseuse. Il s’agit d’un travail précaire (les femmes étaient souvent employées à la journée) répétitif et d’une dureté excessive. Ces difficultés sont visibles à travers l’attitude de la femme : la courbe de son corps, comme plié par l’effort, la charge du linge qu’elle porte dans son bras gauche suggère la difficulté de la tâche accomplie. La situation que dépeint le tableau, monter un escalier en aidant une fillette, ne fait que renforcer cette impression.

2. De quoi la présence de la fillette au côté de sa mère est-elle symbolique ?

Même si le tableau représente la tendresse bienveillante d’une mère aidant son enfant à se hisser au sommet des marches, on peut aussi y lire le destin immuable des femmes : battoir en main, double de sa mère, la petite fille semble déjà vouée à perpétuer la tâche maternelle.

3. Daumier a-t-il voulu représenter une femme particulière ou toutes les ouvrières ? Quels procédés utilise-t-il pour atteindre cet objectif ?

Le tableau de Daumier a une dimension symbolique. En effet, les traits des personnages sont flous, le contre-jour met en valeur la seule silhouette, ce qui fait de la blanchisseuse une sorte d’allégorie. Cette femme représente la classe ouvrière écrasée par le poids du labeur et qui, en leur tournant le dos, s’oppose à la clarté lumineuse des maisons d’un quai parisien.

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