On ne badine pas avec l'amour

Étonnants classiques

Nom auteur: 

MUSSET (Alfred de)

Titre 2: 

On ne badine pas avec l'amour

Nouveaux programmes
EAN: 
9782081469938
Prix: 
2,80 €
Nombre de pages: 
128 pages
Description: 

"Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées; [...] il y a au monde une chose sainte et sublime, c'est l'union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux."

Pdf de toute l'etude: 

■ Musset, On ne badine pas avec l’amour : mise en scène d’Yves Beaunesne, 2011, cahier photos de l’édition, p. 3.

1. Identifiez les personnages. Quelle interprétation du dénouement la mise en scène nous livre-t-elle ?

De gauche à droite, sont assis les quatre personnages de fantoches : les deux ecclésiastiques, maître Blazius et maître Bridaine, puis le Baron et enfin Dame Pluche. Ils tiennent sur leurs genoux le corps de Rosette. La posture des personnages et les visages fermés suggèrent une veillée funèbre, et le tableau final voulu par le metteur en scène n’est pas sans rappeler les tableaux de peinture sacrée représentant des mises au tombeau de saints, la robe de Rosette semblant figurer un suaire.

La mise en scène nous propose un tableau qui poursuit le drame bien au-delà du cri de Rosette et de la déclaration lapidaire de Camille « Adieu, Perdican. » L’immobilité des acteurs invite peut-être les spectateurs à s’associer à la veillée funèbre et à méditer sur les conséquences tragiques des mensonges et des manipulations des personnages.

 

2. En vous appuyant sur les autres clichés du même spectacle (cahier photos de l'édition, p. 6 et 8), expliquez à quelle génération le metteur en scène souhaite rattacher Perdican, Camille et Rosette.

Les robes des deux jeunes actrices, bustes ajustés et jupes en corolle, évoquent les années 1950 ou le début des années 1960. Loïc Corbery, tee-shirt blanc et jean bleu, ressemble à l’acteur James Dean (1931-1955). Perdican est donc associé aux années 1950.

Pour mieux souligner le décalage des générations, les personnages de grotesques et le Baron sont habillés de manière extrêmement classique sans qu’il soit possible d’attribuer leurs costumes à une époque précise (peut-être s’agit-il de l’entre-deux-guerres).

 

3. Comment Yves Beaunesne parvient-il, selon ses propres termes, à donner à voir « une situation […] représentative d’un manque abyssal d’échange entre les âges 1 » ?

En accentuant la différence d’âge entre les deux groupes de personnages, et en faisant explicitement référence à la génération des années 1960, partie prenante de la révolution de mai 68, Yves Beaunesne met au cœur de son interprétation plus qu’un simple conflit de générations. Il affirme : « J’ai désiré retrouver une situation où la génération des parents est absente, à l’image des années 1960 où l’on sentait encore les ravages de la guerre. 2 »

Dans cette pièce, le conflit dramatique ne naît pas de l’opposition que les parents mettent à l’accomplissement des désirs de leurs enfants (comme dans les comédies classiques). Il naît de l’orgueil des personnages qui les empêche d’accéder à la reconnaissance de leur désir, alors même que celui-ci a reçu la bénédiction de la génération des anciens. C’est en ce sens qu’il n’y a pas de communication entre les générations, ce que suggère le silence du dernier tableau.

1. Propos d’Yves Beaunesne recueillis par Chantal Hurault et Laurent Codair, programme d’On ne badine pas avec l’amour à la Comédie-Française, mai 2012.

2. Ibid.

■ Musset, On ne badine pas avec l’amour : mise en scène de Philippe Faure, 2006, et mise en scène d’Yves Beaunesne, 2011, cahier photos de l’édition, p. 6.

1. Par quoi est figurée la fontaine dans la mise en scène d’Yves Beaunesne ? Pourquoi ne peut-on la voir que dans le miroir ?

La fontaine est figurée par la surface vert bleu de la grande table de billard qui trône au milieu de la scène, dont on ne peut voir que le reflet dans le miroir. Le décor étant unique pour toutes les scènes, le fait d’attirer le regard vers le miroir pour voir Perdican jeter la bague de Camille dans la fontaine permet de suggérer que la scène se déroule dans un lieu différent, tout en signalant que nous ne voyons qu’un reflet, et que la déclaration d’amour de Perdican à Rosette n’est donc qu’une illusion (acte III, scène 3).

Symboliquement, le miroir met en relief les mises en abyme et les dédoublements qui structurent la pièce, ainsi que l’opposition entre l’illusion et la réalité.

 

2. Selon vous, à quoi sert le rideau ?

Le rideau permet de séparer les espaces de jeu et de représenter l’arbre (p. 82), la tapisserie (p. 88) ou la galerie de l’oratoire (p. 101) derrière lesquels les personnages se dissimulent et s’épient, surprenant ce qu’ils ne devraient pas voir.

 

3. Comparez les décors et les costumes des deux photographies. Quel parti pris vous semble le plus adapté ? Justifiez votre réponse.

Le parti pris de Philippe Faure, tel qu’il se révèle dans les décors et les costumes, est de supprimer toute référence à une situation historique ou sociale donnée, afin de centrer l’attention du spectateur sur le texte et le jeu des acteurs, privés de tout accessoire. Camille et Rosette sont habillées de manière similaire, tout de noir, couleur traditionnellement associée au deuil. Les personnages se détachent d’un plateau nu – un immense pré vert. Faure comme Beaunesne ont recours à l’artifice du rideau pour dissimuler certains personnages.

■ Musset, On ne badine pas avec l’amour : mise en scène d’Yves Beaunesne, 2012, cahier photos de l’édition, p. 8.

1. Dans les deux photographies, décrivez Camille : en quoi le changement de costume exprime-t-il l’évolution du personnage entre l’acte II et l’acte III ?

Dans la première photographie, Camille porte une jupe bleue de coupe sobre, assez longue, et un chemisier blanc : sa tenue ressemble à l’uniforme des pensionnaires de certaines écoles dans la première moitié du xxe siècle, ou rappelle, par la simplicité de la coupe et les couleurs, l’habit de certains ordres religieux.

Dans la seconde photographie, elle porte une robe blanche beaucoup plus ajustée et sans manches, d’une coupe plus sophistiquée, ce qui dénote son désir de séduire Perdican. Si le blanc est traditionnellement associé à la pureté, la couleur rouge symbolisant la passion amoureuse est présente avec les escarpins de la jeune fille.

 

2. Comment sont suggérés les thèmes de l’orgueil et de la passion ? Analysez la gestuelle des acteurs.

Les deux photographies saisissent un instant où les deux personnages se font face et se regardent avec intensité. Dans l’acte II, ils semblent se défier du regard, peut-être tourner l’un autour de l’autre, dans une proximité qui n’abolit pas la distance qu’instaurent entre eux l’orgueil et la volonté de ne pas céder en s’avouant leur amour. On peut noter la position symétrique de leurs bras le long du corps : on dirait que les deux personnages ne cherchent ni à se repousser, ni à s’étreindre ; ils s’affrontent tout en refusant le contact.

La deuxième photographie nous frappe autant par les similitudes que par les différences : les corps se sont rapprochés, mais s’il n’y avait pas de contexte, il serait difficile de dire si les deux personnages luttent ou s’étreignent.

 

3. Dans chaque document, quel détail vous semble le plus frappant ?

Impressions personnelles de l’élève.

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