Un fil à la patte

Étonnants classiques

Nom auteur: 

FEYDEAU

Titre 2: 

Un fil à la patte

EAN: 
9782081278578
Prix: 
3,90 €
Nombre de pages: 
256 pages
Parution: 
30 mai 2012
Description: 

Bois-d’Enghien est dans de beaux draps ! Comment réussir à se séparer de sa maîtresse Lucette, une jolie chanteuse de café-concert, pour épouser la respectable Viviane, jeune et fortunée ? car malgré de nombreux prétendants, Lucette reste follement éprise de son amant et fait tout pour le conserver. Si bien qu’elle repousse les avances du général Irrigua, venu du bout du monde, et se joue des maladresses de Bouzin, bouffon pathétique aux allures de Charlot, que Bois-d’Enghien tente vainement de mettre entre ses bras. Qui, de Bois-d’Enghien ou de Lucette, parviendra à ses fins ? Seule la traversée effrénée d’une course d’obstacles savamment agencée par Feydeau nous donnera la réponse !   À travers son cahier photos et les nombreux témoignages réunis dans le dossier, l’édition permet de confronter le texte de la pièce à ses mises en scène (Jacques Charon, 1961 ; Jérôme Deschamps, 2010 ; Michel Kacenelenbogen, 2011) et à ses adaptations cinématographiques (Guy Lefranc, 1954 ; Michel Deville, 2005). Elle propose en outre deux groupements de textes et des sujets pour s’entraîner à l’épreuve de français du baccalauréat.  

Pdf de toute l'etude: 

La scène de l’escalier

■ Comparaison : la scène de l’escalier dans les mises en scènes de Jacques Charon, Michel Kacenelenbogen et Jérôme Deschamps, ainsi que dans l’adaptation cinématographique de Michel Deville,

cahier photos de l’édition, p. 5-6

1. Décrivez la scène représentée (objets, décors, personnages) et identifiez les passages de la pièce auxquels les clichés renvoient.

2. Décrivez sur chacune de ces images le costume des personnages. Comment pouvez-vous expliquer les différences ? Que peuvent-elles traduire ?

3. Comment transparaît sur chacune de ces photos l’opposition entre les personnages ou groupes de personnages ? Observez en particulier le jeu des couleurs, de la lumière et du vêtement.

4. En quoi les rapports de force semblent-ils différents de ceux figurés dans le texte ? Appuyez votre analyse sur la gestuelle et l’attitude des personnages.

 

Ces images représentent l’acte III de la pièce, plus particulièrement le moment où Bois-d’Enghien se retrouve dévêtu dans l’escalier. On identifie des éléments similaires sur chacun des clichés, comme l’escalier, le protagoniste dénudé et la présence d’un tiers, le plus souvent Bouzin mais aussi les invités de la noce – personnages dont les habits endimanchés contrastent avec le costume de Bois-d’Enghien. Ce dernier diverge selon l’époque de la mise en scène : ainsi, Jean Piat est en « habits du dessous » mais a le corps entièrement recouvert, ce qui correspond aux didascalies de Feydeau et aux conventions théâtrales de l’époque de Charon (les années 1960). Même si la tenue de Bois-d’Enghien chez Kacenelenbogen est plus courte, l’auteur a également respecté les indications du dramaturge et recréé l’atmosphère propre à la fin du xixe siècle. Le propos de Deville est différent puisqu’il choisit de représenter son personnage dans le plus simple appareil, rompant avec la tradition et mettant en avant l’importance du corporel pour Bois-d’Enghien (on relèvera d’ailleurs l’antithèse entre la plastique avantageuse de Bois-d’Enghien et celle de Bouzin). L’opposition entre les personnages est systématiquement présente, mais selon des modalités différentes : les trois réalisateurs jouent sur le contraste entre le noir et le blanc, le clair et le foncé, la luminosité et l’obscurité ; Bois-d’Enghien semble irradier chez Charon et Deville et, au contraire, se cacher chez Kacenelenbogen, ce qui correspond à deux moments différents de la pièce. De fait, les rapports de force ne sont pas les mêmes dans les scènes de Charon et de Deville, où Bois-d’Enghien prend le dessus sur Bouzin, comme en témoigne le jeu des comédiens (détermination de Charles Berling, joie sur le visage de Jean Piat, stupéfaction et gêne pour les comédiens incarnant Bouzin), alors que, chez Kacenelenbogen, le personnage est terré dans l’ombre, se fait le plus petit possible. Le rapport au corps, à la nudité et aux bonnes mœurs est ici représenté de trois manières différentes.

Galerie Photos
Galerie vidéo
Mise en Scéne 1
Galerie vidéo mise en scène 1
Mise en Scène 2
Galerie vidéo mise en scène 2