Médée

Étonnants classiques

Nom auteur: 

ANOUILH

Titre 2: 

Médée

EAN: 
9782081249684
Prix: 
4,20 €
Nombre de pages: 
128 pages
Parution: 
19/02/2014
Description: 

 

« Gens de Corinthe, qu’avez-vous à crier et à danser ? » s’exclame Médée depuis sa roulotte. Au terme d’une vie d’errances, la princesse du lointain royaume de Colchide est devenue une bohémienne. Tout cela pour avoir suivi Jason, pour lequel elle a trahi son père et tué son frère. Mais les chants de joie qui lui parviennent, portés par le vent, célèbrent le mariage de Créuse, la fille du roi de Corinthe… et de Jason. Quand Médée l’apprend, elle « accouche » d’une telle haine que la pièce ne peut s’achever que dans une flamboyante apocalypse.

Revisitant le mythe antique de la magicienne infanticide, Anouilh dépeint une Médée passionnée, qui défend une vision radicale du monde et de l’amour. Mais l’auteur lui confère aussi une vulnérabilité étonnante, dans une pièce épurée qui montre avec une justesse bouleversante le drame intime du désamour.

Cette édition est préconisée pour l’étude du théâtre dans les classes de Troisième (« Théâtre : continuité et renouvellement ») et de Première (« Le théâtre, texte et représentation »).

L’édition propose des groupements de textes sur le personnage de Médée, les héroïnes mythologiques dans le théâtre d’Anouilh, et contient des entretiens inédits avec un metteur en scène et une comédienne. Un cahier photos couleurs de 8 pages servira de support à l’enseignement de l’Histoire des arts.

Pdf de toute l'etude: 

Lecture de l’image : les costumes, porteurs d’un sens profond

 

■ Mises en scène de Ladislas Chollat (2009) et de Jean-Gabriel Vidal (2012), cahier photos de l’édition, p. 4-5.

 

1. Décrivez le costume de l’actrice principale dans les deux mises en scène. Qu’en déduisez-vous sur le personnage ?

Dans la mise en scène de Ladislas Chollat, Médée porte une fourrure et a les membres tatoués de dessins de type « tribal ». Un tel costume fait allusion au statut de Médée : considérée comme barbare en Grèce, rejetée par Créon, elle représente l’étrangère, celle qui n’appartient pas au monde de la cité. Son costume ajoute ainsi à son identité particulière, qui interpelle, qui impose l’altérité. Dans la mise en scène de Jean-Gabriel Vidal, Médée porte une robe claire, rappelant son origine royale. Mais le vêtement est souillé, évoquant la terreur de Médée à l’idée de ne plus être entière, de faire des compromis. Le blanc princier est devenu le blanc cassé de la femme soumise à la menace de la souillure.

Médée est ainsi présentée avant tout comme une figure de l’autre, qui propose une autre façon de voir le monde, mais qui le fait sans transiger et sera prête à défendre sa conception du monde jusqu’au bout.

2. Comment Créon et Jason sont-ils vêtus ? Comparez leurs habits à ceux de Médée. Pourquoi leurs costumes les apparentent-ils l’un à l’autre ?

Créon porte un vêtement qui relève de la caricature. Vêtu d’un costume qui n’est pas du meilleur goût et qui le fait presque ressembler à un proxénète, il ne prend pas la peine d’ôter son chapeau. Ses bras ne sont pas visibles, ce qui suggère que ses gestes sont suspects, sans la moindre transparence. Jason, lui, porte un nœud papillon et donne l’impression d’un mondain prêt à n’importe quelle compromission. La canette de bière qu’il tient contraste avec cette élégance des plus illusoires.

On remarque une ressemblance entre les vêtements de Créon et ceux de Jason, de même type et en noir et blanc. Que ce soit du fait du costume ou d’un accessoire (canette de bière), tous deux laissent voir leur propension à la compromission, voire à la corruption (tout du moins morale). Ils sont ainsi liés au même monde des apparences, où chacun joue le rôle qu’il lui agrée d’interpréter, sans souci d’intégrité.

3. Étudiez le regard des acteurs. Celui de Médée évoque-t-il la même attitude dans les deux interprétations ?

Chez Ladislas Chollat, les deux personnages se regardent droit dans les yeux. Créon semble menacer une Médée qui lui tient tête, non sans arrogance. Leurs visages sont rapprochés et portent clairement une expression de défi. Chez Jean-Gabriel Vidal, Médée ne fait pas face à Jason. On notera que la relation entre les deux personnages n’est plus la même que dans le cliché de la mise en scène de Ladislas Chollat : Médée se trouve ici face à l’homme qu’elle aime. Entre abattement et montée de la haine, ses yeux ne croisent pas ceux de Jason, qui essaye de la persuader du bon sens de son mariage avec la fille de Créon. La rupture semble bien amorcée et presque consommée. C’est en effet Médée qui détourne le regard, prête aux desseins les plus terribles. Cette posture annonce la scène du départ de Jason : il ne se retournera pas, sorte d’Orphée inversé.

4. Quels éléments de décor apparaissent dans chacune des mises en scène ? Expliquez ce parti pris.

Dans les deux mises en scène apparaît un bidon métallique. Chez Jean-Gabriel Vidal, on aperçoit également des meubles renversés, des palettes entassées. Ce décor désordonné contribue dans les deux cas à renforcer le parti pris initial d’Anouilh : faire figurer une roulotte sur scène. Le nouveau royaume de Médée ressemble à une décharge, lieu de passage, lieu de survie ou lieu de mort. La lumière froide des deux mises en scène ajoute à l’atmosphère tendue et glaciale qui préside à la relation qu’entretiennent les personnages.

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Mise en Scéne 1
Galerie vidéo mise en scène 1
Mise en Scène 2
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