Les Regrets

Étonnants classiques

Nom auteur: 

DU BELLAY

Titre 2: 

Les Regrets

EAN: 
9782081295636
Prix: 
4,90 €
Nombre de pages: 
256 pages
Description: 

En 1553, le poète originaire d’Anjou se rend à Rome afin d’assister son oncle, le puissant cardinal Jean Du Bellay. Vivre entre les ruines du passé et les splendeurs du présent, c’est la promesse d’un rêve éveillé pour notre auteur nourri d’Antiquité et de civilisation italienne. Pour l’humaniste qu’il est, c’est aussi se retrouver aux sources d’une culture qui rayonne sur toute l’Europe.

Pourtant, l’« étrange » séjour romain s’apparente bientôt à une descente aux Enfers et ouvre la voie aux Regrets. Alternant l’élégie, la satire et l’éloge, Du Bellay y chante sa douleur et ses ennuis. Peut-être pour mieux donner à voir son habileté poétique…

Extrait Eden: 
Pdf de toute l'etude: 
Bibliographie: 
  • Éditions consultées
    • Édition originale par Frédéric Morel, BNF, Rés. Ye 410, 1558 (disponible sur le portail Gallica).
    • Édition de Michael Screech, Droz, coll. « Textes littéraires français », 1966.
    • Édition de François Roudaut, LGF, coll. « Le Livre de Poche », 2002.
    • Édition de Françoise Joukovsky et Daniel Aris, Classiques Garnier, 2009
  • Sur la poésie française de la Renaissance
    • Bellenger, Yvonne, Céard, Jean, et Thomine-Bichard, Marie-Claire (dirs), La Poésie de la Pléiade : héritage, influences, transmission. Mélanges offerts au professeur Isamu Takata par ses collègues et amis, Classiques Garnier, 2009.
    • Ménager, Daniel, Introduction à la vie littéraire du xvie siècle, Bordas, coll. « Études », 1968 ; rééd. 2001.
    • Pantin, Isabelle, La Poésie du xvie siecle, Bréal, coll. « Amphi Lettres », 2003.
    • Rigolot, François, Poésie et Renaissance, Seuil, coll. « Points », 2002.
    • Textes et Documents pour la Classe, « La poésie du xvie siècle », no 991, CNDP, mars 2010.
    • Textes et Documents pour la Classe, « Humanisme et Renaissance », no 1039, CNDP, septembre 2012.
  • Sur la vie et l’œuvre de Du Bellay
    • Bellenger, Yvonne (dir.), Du Bellay et ses sonnets romains, Honoré Champion, coll. « Unichamp », 1994.
    • Roudaut, François, Les Regrets, PUF, coll. « Études littéraires », 1995.
    • Tucker, George Hugo, Les Regrets, Gallimard, coll. « Foliothèque », 2000.

Portraits de papes

■ Diego Vélasquez, Innocent X, galerie Doria Pamphili, Rome, 1650,
cahier photos de l’édition, p. 2


■ Francis Bacon, Étude d’après le portrait de Vélasquez du pape Innocent X, Des Moines Art Center, États-Unis, 1953
cahier photos de l’édition, p. 3

Contextualisation

La toile de Vélasquez est une commande du pape Innocent X. Elle vise à la fois à donner une représentation picturale des traits du sujet et à en projeter le caractère et le statut social. Toutefois, le commanditaire refusa cette œuvre, qui lui semblait « trop vraie ». Francis Bacon ne s’y trompe pas, en se prétendant littéralement habité, envoûté par cette toile.

Francis Bacon s’est déclaré à maintes reprises obsédé par la toile de Vélasquez. Le peintre britannique ne connaissait l’œuvre de Vélasquez que par reproductions interposées. On dit que, venu à Madrid pour voir l’œuvre originale, il refusa d’entrer dans le musée tant son émotion était puissante. Cette fascination le conduisit à peindre une quarantaine de variations personnelles de l’œuvre. Chacune proposait une relecture de la toile de Vélasquez. Selon Bacon, cette série prétendait « peindre le cri plutôt que l’horreur ».

 

Description

On demandera dans un premier temps aux élèves de caractériser le tableau de Vélasquez : le regard pénétrant et austère du modèle, le raffinement des étoffes et du trône, l’attitude majestueuse et puissante du pape en font un tableau de genre célébrant l’autorité pontificale. En contrepoint, la reprise explicite d’éléments du tableau de Vélasquez par Bacon (la posture, les ornements du trône, le drapé des étoffes) s’inscrit dans une démarche picturale plus agressive. Si l’œil noir qui fixe le spectateur est impressionnant dans le portrait commandé par le souverain pontife, le tableau réalisé par Bacon touche aux confins de la terreur et de la violence destructrice. Stries, clôture de l’espace, bouche déformée par le hurlement, cette version de 1953 donne forme à l’horreur tout en déformant le sujet représenté.

 

Interprétation

Si la toile de Vélasquez peut toucher par la puissance de son réalisme, celle de Bacon tord l’exigence de figuration au profit d’une peinture d’ordre plus métaphysique. La cruauté ne semble pas l’apanage du pape Innocent X dont le rouge a laissé place à un violet glacial. Le caractère social et l’enjeu idéologique de la commande pontificale disparaissent au profit d’une image hallucinée, une fenêtre ouverte sur un univers psychique.

Galerie Photos
Galerie vidéo
Mise en Scéne 1
Galerie vidéo mise en scène 1
Mise en Scène 2
Galerie vidéo mise en scène 2