Électre

Étonnants classiques

Nom auteur: 

GIRAUDOUX

Titre 2: 

Électre

EAN: 
9782081347779
Prix: 
3,90 €
Nombre de pages: 
224 pages
Parution: 
14/01/2015
Description: 

« Elle ne fait rien. Elle ne dit rien. Mais elle est là. » Électre prépare sa vengeance : son père, Agamemnon, a été assassiné dans son palais le jour même de son retour victorieux de la guerre de Troie.

Son frère rentré d’exil, la jeune femme sait que le moment est enfin venu : justice sera faite grâce à Oreste, même s’il faut pour cela sacrifier la ville d’Argos.

Composée dans la période de l’entre-deux-guerres, cette pièce propose une récriture originale du mythe des Atrides, à la croisée de l’énigme policière, de la tragédie et de la comédie. Créée en 1937 par Louis Jouvet, Électre offre sur scène une héroïne moderne dont la rage de justice n’en finit pas d’interroger le spectateur.

Cette édition est préconisée en classe de Troisième (« Théâtre : continuité et renouvellement ») et en classe de Première (« Le texte théâtral et sa représentation, du xviie siècle à nos jours »).

Richement annotée, cette édition contient 2 groupements de textes : « variations autour du mythe », « comment mettre en scène Électre ? ». Un cahier photos couleur de 8 pages servira de support à l’enseignement de l’histoire des arts.

Pdf de toute l'etude: 

Lecture de l’image 1 : les Euménides dans la pièce de Giraudoux

■ Bernardino Mei, Oreste massacrant Égisthe et Clytemnestre, 1654 ; William Bouguereau, Les Remords d’Oreste, 1862 (cahier photos, p. 2) ;  les Euménides masquées, dans la mise en scène d’Électre, de Giraudoux, par Pierre Dux, à la Comédie-Française, en 1959 (cahier photos, p. 4).


La représentation picturale des Euménides (Dossier, p. 209-210)

Observons le tableau de Bernardino Mei, Oreste massacrant Égisthe et Clytemnestre (xviie siècle) et celui de William Bouguereau, Les Remords d’Oreste (xixe siècle) : ils représentent tous deux un même épisode, le matricide. Celui de Mei met en scène le meurtre lui-même tandis que celui de Bouguereau situe la scène après le forfait, au moment où Oreste est poursuivi par les Érinyes. On relève les attributs que les élèves n’auront pas manqué d’énoncer en début de séance : les serpents dans les cheveux, l’expression des visages qui rend visibles leurs vociférations. Dans le premier tableau, alors que les Érinyes, que l’on identifie par leurs serpents, se tiennent en retrait, Oreste semble tout entier absorbé par l’acte qu’il est en train de commettre. Les élèves sont invités à commenter la différence de représentation de ces figures entre les deux tableaux.

 

La représentation des Euménides chez Giraudoux

Giraudoux choisit le terme d’« Euménides », et non pas celui d’« Érinyes », ce qui oriente d’emblée notre perception : cette entité chorale s’inscrit dans une tonalité légère. Bien qu’elles interviennent avant le meurtre de Clytemnestre et d’Agamemnon, elles restent attachées au personnage d’Oreste, mais sur un mode radicalement différent de celui de la tradition grecque. Oreste lui-même ne semble pas comprendre la raison de leur présence. Le spectateur ne sait pas vraiment quel est leur rôle, et le jardinier les associe à la figure du destin : « On dirait trois petites Parques ! C’est effroyable, le destin enfant » (acte I, scène 1). Sous le signe de l’enfance, elles apportent une dimension ludique qui est immédiatement mise en relation avec la représentation théâtrale (« Récitons Clytemnestre, mère d’Électre. Vous y êtes, pour Clytemnestre ? », acte I, scène 1) mais sur un mode burlesque ou parodique : les petites filles n’ont-elles pas précisé qu’elles aiment à dire du mal des personnages qu’elles imitent ?

À partir de la photo des Euménides, on conduira les élèves à s’interroger sur l’entité que représentent les trois actrices : l’unité de leur silhouette permet au metteur en scène de construire un chœur. Le masque qu’elles portent concourt à cette unité et renvoie aussi à la tradition du théâtre antique, où les acteurs étaient masqués. Cet élément est une manière de rendre visible la référence au code théâtral antique en même temps qu’il met à distance le mythe par son caractère ludique. Giraudoux, en faisant une référence explicite à la représentation théâtrale, adopte une perspective résolument moderne, qu’on appelle la métathéâtralité.

Lecture de l’image 2 : Fomment représenter Électre ?

 

■  Renée Devillers dans la mise en scène d’Électre de Giraudoux par Louis Jouvet, en 1937 ;  Mlle Dumesnil (Clytemnestre) et Mlle Clairon (Électre) dans Oreste de Voltaire (1829) ;  Catherine Lascault (Électre) et Claudia Morin (Clytemnestre), dans la mise en scène de Claudia Morin, au Théâtre 14, en 1996 (cahier photos, p. 7-8)

 

Comparer l’interprétation de l’originale, en 1937 (Renée Devillers), et celle de la mise en scène de Claudia Morin en 1996 (Catherine Lascault) prouve combien, pour chaque metteur en scène, le défi consiste à représenter une héroïne moderne. La sobriété du costume tient évidemment à la condition de la jeune fille, reléguée par sa mère aux tâches ménagères. Mais sa couleur a chaque fois une valeur symbolique : robe blanche, symbole de pureté, d’innocence dans un cas ; robe noire, symbole de deuil, d’austérité et de révolte dans l’autre. On interrogera les élèves : laquelle des deux interprétations leur semble la plus moderne ?

Dans le cahier photos, en contrepoint à cette réflexion sur le costume, une représentation du xviiie siècle de l’Oreste de Voltaire montre le couple mère-fille interprété par deux grandes actrices rivales. On relèvera la magnificence des robes à panier, très éloignées de la référence antique. Il s’agit non pas de représenter le personnage d’Électre mais de mettre en valeur l’actrice dans toute sa splendeur, comme en témoigne au demeurant la gestuelle, grandiloquente.

Galerie Photos
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Mise en Scéne 1
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Mise en Scène 2
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