Héros qui comme Ulysse

Étonnants classiques

Nom auteur: 

COLLECTIF

Titre 2: 

Héros qui comme Ulysse

Nouveaux programmes
EAN: 
9782081385146
Prix: 
3,70 €
Nombre de pages: 
192 pages
Parution: 
24/08/2016
Description: 

Qu'ils aient pour noms Hercule, Perceval, Jean Valjean ou Superman, qu'ils combattent une hydre géante, un chevalier déloyal ou l'injustice des hommes, les personnages réunis dans cette anthologie invitent à un parcours épique, une plongée dans la littérature de l'Antiquité à nos jours.

Organisée en quatre parties chronologiques accompagnées d'encadrés tissant des liens entre l'histoire, la littérature et les arts, cette anthologie propose un parcours diachronique et géographique à la rencontre des héros du passé… et du futur : Antiquité, la race des héros ; Moyen Âge, l'époque des chevaliers ; Époque moderne, entre héros et anti-héros, Époque contemporaine, le héros réinventé.

Lecture de l’image no 1 : Hercule

Corrigé des questions de la partie « Histoire des arts », p. 154.

 

  •  Gustave Moreau, Hercule et l’Hydre de Lerne (1876), p. 2 du cahier photos.

§  Hercule Farnèse, attribué à Lysippe, p. 1 du cahier photos.

Hercule et l’Hydre de Lerne de Gustave Moreau est une huile sur toile de 179 × 154 cm, réalisée en 1876 et conservée au Art Institute de Chicago. Peintre symboliste français de la fin du XIXe siècle, Gustave Moreau est notamment célèbre pour ses œuvres qui s’inspirent de la mythologie grecque ou biblique comme L’Apparition (mythe de Salomé), Œdipe et le Sphinx ou encore Orphée.

 

1. Le tableau de Gustave Moreau présente une abondance de détails. On aperçoit Hercule, à gauche, qui fait face à l’Hydre de Lerne, à droite du tableau. En toile de fond, le paysage rocheux est éclairé par le soleil couchant.

Hercule est un beau jeune homme, à demi nu : il n’est vêtu que d’un pagne qui couvre son entrejambe. Il est musclé et élancé, il se tient droit, campé sur ses deux jambes, et regarde le monstre, nous offrant ainsi son profil. Toutefois, il n’est pas encore en position de combat : sa main gauche est posée sur l’arc accroché dans son dos et sa main droite tient la peau du Lion de Némée ainsi que la massue. Tout se passe comme s’il venait d’arriver sur les lieux.

L’Hydre est grande sans être colossale. Elle domine Hercule qu’elle observe également, de trois quarts. Ses nombreuses têtes de serpent se dressent dans des postures diverses. La tête centrale surplombe le héros et semble attendre, langue tendue. Devant le monstre se trouve un amoncellement de corps ; l’un d’eux se distingue des autres par la couleur claire de sa peau et sa posture en torsion.

La scène se déroule dans un paysage où roche et végétation se confondent. En effet, les couleurs du tableau déclinent des teintes de brun. La dominante des rouges est justifiée par le soleil couchant qui teinte la scène de ses couleurs. Placé entre Hercule et l’Hydre, l’astre semble un témoin silencieux de leur rencontre. Le temps est presque suspendu et prélude au combat fatal entre le héros et le monstre. Cette tension est également rendue par la composition du tableau qui utilise surtout les lignes horizontales (le corps étendu, l’horizon) et les lignes verticales (Hercule, l’Hydre dressée) qui renforcent l’impression d’immobilité et l’opposition statique entre les deux êtres.

 

2. Gustave Moreau représente de nombreux éléments qui évoquent le texte d’Apollodore : les corps disposés près de l’Hydre représentent les ravages qu’elle a causés dans la région. L’Hydre elle-même, avec sa tête centrale dressée, rappelle l’anecdote de la tête immortelle. Hercule est armé de son arc, visible dans son carquois rouge, et de sa massue.

Néanmoins, le peintre a pris certaines libertés concernant d’autres aspects du récit : le paysage n’est pas un marais et aucune source n’est visible. Hercule, quant à lui, est seul : Iolaos, son neveu, est absent – sans doute parce que la force évocatrice du tableau réside dans l’antagonisme entre deux êtres que tout oppose : héros / monstre, beauté / laideur, vie / mort, etc. Un troisième personnage aurait brisé la symbolique de la composition. En effet, Gustave Moreau s’intéresse au face-à-face entre le héros et le monstre ; point de flèches enflammées, de neveu ou de crabe géant ici. Le tableau met en scène la rencontre mystérieuse et l’instant suspendu qui précède le combat.

 

3. En comparant l’Hercule de Gustave Moreau et l’Hercule Farnèse, on remarque plusieurs différences. En premier lieu, l’Hercule Farnèse est plus vieux que l’Hercule du tableau qui nous occupe. Il porte la barbe et sa carrure est particulièrement imposante. Cependant, les deux représentations conservent des traits communs qui permettent d’identifier le héros : nu, Hercule porte la peau du Lion de Némée et sa célèbre massue, symbole de sa force brute.

 

Lecture d’image no 2 : David

Corrigé des questions de la partie « Histoire des arts », p. 154.

 

  •   Donatella, David, p. 28.

 

Le David de Donatello est une ronde-bosse (sculpture qui n’est pas rattachée à un fond, par opposition aux bas-reliefs et hauts-reliefs) en bronze réalisée entre 1430 et 1432 et conservée au palais du Bargello de Florence. Elle mesure 158 cm (ou 180 cm avec son piédestal en marbre), ce qui en fait une sculpture grandeur nature.

1. La statue représente le jeune David. Celui-ci est nu : il ne porte qu’un chapeau, des sandales et des jambières. Dans sa main gauche, il tient une pierre et dans sa main droite, une épée. Il a les cheveux longs et lâchés sur ses épaules. Son corps est mince et gracile, ce qu’accentue la pose que lui donne l’artiste : la main qui tient la pierre est élégamment posée sur sa hanche gauche et le corps est légèrement déhanché dans une posture en contrapposto (position debout au repos, dans laquelle le poids du corps porte sur une seule jambe). Sa jambe gauche est négligemment appuyée sur la tête coupée de Goliath, qui gît aux pieds du jeune homme, le visage de ce dernier demeurant néanmoins impassible.

2. L’œuvre de Donatello fait référence à l’issue du combat entre David et Goliath : l’épée de David et la tête décapitée du géant marquent sa défaite. En outre, la pierre tenue dans la main gauche évoque l’arme de prédilection du jeune berger : la fronde. Enfin, la nudité du jeune homme met en valeur sa faiblesse apparente et sa vulnérabilité.

3. La beauté de cette statue provient d’abord de l’élégance du jeune homme : Donatello renoue ici avec les canons de la statuaire antique en représentant un corps de héros parfait, idéalisé. Cette perfection est rendue par la grâce de ses membres, par la précision dans le modelé du corps et la symétrie de ses traits. La beauté vient également de l’attention portée aux détails : ceux du visage du jeune homme, finement ciselé, sa musculature, ou encore la tête du géant dont on discerne parfaitement les contours. L’œuvre donne également une impression de mouvement, dans la posture du jeune homme et le tomber de ses cheveux.

Enfin, la statue de bronze joue avec la matière et les jeux de lumière, accentués par la forme en ronde-bosse. En effet, le corps du jeune homme est souligné par les reflets lumineux qu’implique l’utilisation du bronze ; ils varient selon les moments de la journée et la place du spectateur. Ainsi, par ce travail sur la lumière, Donatello crée une œuvre d’art à la beauté envoûtante.

4. David est féminisé dans cette sculpture : on le voit à sa posture, négligée et gracieuse, à sa minceur presque féminine et à ses longs cheveux. De plus, si ses traits sont sévères, il ne porte aucun trait distinctif masculin, comme de la barbe. Seule l’absence de poitrine et son sexe permettent d’en faire un personnage masculin.

Cette féminisation du personnage, devenu presque androgyne, renforce la fascination qu’il exerce et met en valeur sa jeunesse et sa fragilité, à l’opposé de la force de Goliath, représenté comme un homme dans la force de l’âge, puisqu’il en porte l’attribut indiscutable : la barbe.

Lecture de l’image no 3 : Jeanne d’Arc

Corrigé des questions de la partie « Histoire des arts », p. 155.

 

  • Sir John Everett Millais, Jeanne d’Arc, p. 3 du cahier photos.

 

Millais peint Jeanne d’Arc (une huile sur toile de 82 × 62 cm) en 1865. Il fait partie du mouvement pictural préraphaélite qui se donnait pour objectif de retrouver la pureté caractéristique de la peinture de la première Renaissance, avant Raphaël.

                1. Ce tableau est un portrait de Jeanne d’Arc. La jeune fille est représentée à genoux dans une pièce sombre. L’arrière-plan imite des panneaux de bois ouvragé et met en valeur le personnage, dont la robe rouge, l’armure rutilante et la pâle figure contrastent avec les couleurs sombres du décor.

L’héroïne est vêtue d’une armure brillante qui recouvre un haubert. Elle est représentée tête nue : son heaume est posé à côté d’elle, légèrement en retrait. Elle a les deux mains posées sur les cuisses et tient son épée, qui forme ainsi une ligne horizontale, parallèle aux panneaux du fond et à la ligne de démarcation du sol.

Son visage est légèrement tendu vers le ciel. On devine des cheveux longs, attachés dans son dos. Son teint est pâle, bien que ses joues soient empreintes d’une nuance rosée ; on pourrait qualifier sa beauté de sévère.

 

2. Le peintre insiste ici sur l’aspect guerrier du personnage, en la représentant vêtue de son armure, qui fait l’objet d’un travail ouvragé – avec notamment de remarquables effets de lumière.

Mais il met également en valeur sa foi : Jeanne d’Arc est une héroïne inspirée par Dieu. Ainsi, sa posture agenouillée est celle d’une femme en oraison. De plus, le fond sombre, en bois travaillé, peut évoquer un mur ou une porte d’église. Enfin, la lumière, venue d’en haut, face à elle, évoque celle d’une présence divine qui veille sur elle. Cette impression est renforcée par le fait qu’elle regarde vers le haut, comme si elle contemplait un Christ en croix, ou Dieu lui-même.

 

3. Le peintre minimise la condition modeste de Jeanne d’Arc, qui était bergère, comme David. Ici, le tissu de la robe semble lourd et riche. De plus, la couleur rouge, si elle évoque le sang et la passion, est également un signe de souveraineté. Son armure brillante et remarquablement travaillée témoigne de la condition aristocratique du personnage. Ainsi, pour glorifier Jeanne d’Arc, le peintre la représente-t-il comme une splendide guerrière, et non comme une bergère qui appartient aux petites gens.

Ce tableau minimise également la condition féminine de Jeanne d’Arc : en effet, la robe, sa posture et l’armure dissimulent ses formes féminines. Elle est ici représentée comme un chevalier, plus que comme une femme.

 

4. Pourtant, la robe, ainsi que ses traits, en font à la fois une guerrière – sa robe est rouge – et une femme. En effet, sa féminité est esquissée à travers le détail de ses cheveux, de ses joues rosées et de ses lèvres rouges. Sa détermination se lit dans la sévérité de ses traits et dans la fossette du menton, qui laisse deviner une volonté farouche.

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