Farce du cuvier et autres farces du Moyen Age (La)

Étonnants classiques

Nom auteur: 

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Titre 2: 

Farce du cuvier et autres farces du Moyen Age (La)

Nouveaux programmes
EAN: 
9782081404403
Prix: 
3,00 €
Nombre de pages: 
96 pages
Description: 

À trop martyriser Jacquinot, sa femme se retrouve victime d'une bien méchante mésaventure. Jenin, lui, cherche désespérément à connaître son père, tandis que le bateleur trouve son bonheur à divertir ses semblables. Trois tableaux de la vie quotidienne au Moyen Âge, pleins de vie et d'éclats de rire.

Le dossier de l'édition présente un groupement de textes consacré à la scène de ménage au théâtre. Il propose également divers exercices de vocabulaire et un glossaire pour s'initier au genre théâtral et aux procédés de la farce.

Pdf de toute l'etude: 

Lecture de l’image 1 : la culture du carnaval au Moyen Âge

 

■ Gravure de Pieter van der Hayden, La Fête des Fous ; Pieter Bruegel, dit l’Ancien, Le Combat de Carnaval et de Carême (1559), cahier photos de l’édition, p. 4-5.

 

1. Qu’est-ce qu’une sotie (voir p. 6 de la présentation) ?

La sotie est une farce satirique, reposant sur une critique bouffonne de la société et des mœurs, jouée par des acteurs appelés sots ou fous. Les sots fondent leur système de satire sur l’hypothèse que la société tout entière est composée de fous. La sotie est « héritière des valeurs du carnaval, comme le révèle l’accoutrement des sots : ils sont vêtus en jaune et vert, coiffés d’un bonnet aux longues oreilles ! » (p. 6).

2. Quel animal, symbole de sagesse dans l’Antiquité, peut-on voir sur la gravure de Pieter van der Hayden ? Comment interpréter sa présence ?

On voit sur l’épaule du personnage au premier plan une chouette, symbole d'Athéna, la déesse grecque de la sagesse.

Sous couvert de folie, les « sots » ou « fous » expriment certaines vérités subversives, critiquent librement la société et les puissants. Leur parole n’est donc pas insensée et peut même être emplie de raison et de lucidité.

3. Dans le tableau de Pieter Bruegel l’Ancien, quels personnages représentent Carnaval et Carême ? Sur quoi sont-ils assis ? Que tiennent-ils sur leurs armes ? Décrivez les membres de leurs cortèges.

Carnaval est l’homme obèse, vêtu de bleu, assis sur un tonneau. Il tient un poulet et de la viande en broche (aliments interdits pendant le Carême). Parmi les personnages de son cortège, plutôt bien en chair, certains jouent de la musique ou sortent de l’auberge, à gauche.

Carême est le personnage très maigre assis sur un chariot, qui tient un poisson au bout de son arme, aliment de la période de jeûne. Des mendiants ou des lépreux le suivent, ainsi que quelques croyants sortis de l’église, à droite. Les couleurs de leurs visages et de leurs habits sont sombres, contrairement aux couleurs gaies du cortège de Carnaval.

Ces deux cortèges forment un cercle afin de rappeler l’aspect cyclique de la succession de Carnaval et de Carème.

4. La société très hiérarchisée du Moyen Âge a besoin, périodiquement, de renverser les valeurs et d’inverser les rôles. Comment cet aspect se traduit-il dans La Farce du Cuvier ?

Ce besoin se traduit par l’inversion provisoire des rôles au sein du couple.

L’inégalité entre les sexes est grande au Moyen Âge, la femme étant considérée comme inférieure à l’homme. Écartées de l’éducation, les femmes doivent obéissance et soumission à leur mari, et la violence conjugale est répandue et acceptée. Montrer un mari dominé et humilié par sa femme est donc un spectacle très subversif à cette époque.

Une autre valeur présente dans la farce et héritée du carnaval est l’importance du corps et des plaisirs matériels.

Lecture de l’image 2 : la farce : simple témoignage du passé ou genre en constante métamorphose ?

 

■ Mises en scène de La Farce du Cuvier par la compagnie Connaissance des classiques (1978), par le Théâtre du Charivari (2006) et par le Théâtre de l’Orage (2011), cahier photos de l’édition, p. 6-7.

 

1. Quelle représentation est la plus fidèle aux conditions de représentation médiévales ? Pourquoi ?

La représentation du Théâtre de l’Orage se rapproche le plus des conditions de représentation médiévales : elle se déroule en plein air, devant un bâtiment ancien, les personnages sont grossièrement maquillés avec de la farine comme au Moyen Âge, les costumes évoquent les vêtements de l’époque, les mimiques et grimaces sont exagérées, dans la tradition de la farce, et le décor se résume au cuvier.

Cette représentation vise à se rapprocher le plus possible de ce que l’on connaît de la réalité médiévale, sans souci apparent d’innovation.

2. Dans la mise en scène du Théâtre du Charivari, quel choix de mise en scène illustre l’inversion des rôles entre l’homme et la femme ? Qu’évoquent l’épouse et la belle-mère chevauchant un balai ?

L’homme au centre porte une robe de femme pour illustrer la perte de son pouvoir viril.

Les deux femmes font penser à des sorcières, ce qui montre qu’une telle inversion des rôles est vue comme diabolique et subversive. Nous retrouvons ici les origines carnavalesques de la farce : goût pour le travestissement, représentation de la lutte entre le bien et le mal, c’est-à-dire entre le respect et la transgression des règles sociales.

3. Dans l’interprétation de la compagnie Connaissance des classiques, comment le metteur en scène a-t-il représenté le caractère dominateur des femmes ?

Elles dominent au sens propre comme au sens figuré puisqu’elles sont deux fois plus grandes que le personnage masculin.

Cette mise en scène et la précédente cherchent à enrichir le sens initial de la pièce, en incluant des costumes et des accessoires symboliques des rapports de force. Ces interprétations tentent ainsi de transposer la situation typique de la farce, la scène conjugale, en lui donnant une signification plus subtile.

Lecture de l’image 3 : l’indémodable scène de ménage

 

■ Mise en scène du Médecin malgré lui par Colette Roumanoff (2011), et mise en scène de George Dandin ou le Mari confondu par Jean Hervé Appéré (2009).

 

1. Dans Le Médecin malgré lui, dressez la liste des éléments qui relèvent de la farce dans l’attitude des personnages et les costumes.

L’homme semble effrayé par sa femme. Il adopte une attitude de retrait, alors que son épouse penche le corps en avant, dans une posture agressive. La figure du mari poltron est source de moquerie.

La trivialité de leurs armes, une chaussure et un balai, accentue le ridicule de la situation. Les couleurs vives et gaies des costumes sont typiques de la comédie.

2. En observant la photographie de George Dandin, résumez l’intrigue et les rapports entre les trois personnages.

On comprend que la femme trompe son mari, à gauche, avec le personnage caché sous sa robe. Le coup de poing qu’elle semble lui asséner avec virilité contraste avec sa tenue très féminine. Sa robe paraît servir de refuge au troisième personnage, invisible.

La position centrale de la jeune femme laisse supposer que les deux hommes ne se connaissent pas, puisqu’ils ne s’affrontent pas directement. La détermination qui se dégage de ses gestes peut aussi signifier qu’elle revendique pleinement son droit à avoir un amant.

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